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«Personne ne l'aime» : Hillary Clinton s'attaque à son ancien rival Bernie Sanders

Agence France-Presse

«Personne ne l'aime» et elle ne s'engage pas à voter pour lui s'il est le candidat démocrate face à Donald Trump en novembre: Hillary Clinton confirme dans un nouveau documentaire qu'elle n'a pas pardonné à son ancien rival Bernie Sanders, s'attirant les foudres des partisans du sénateur socialiste du Vermont. 

Dans un nouveau documentaire intitulé «Hillary», qui doit sortir sur la plateforme Hulu début mars, la rivale malheureuse de Donald Trump en 2016 s'en prend vivement au sénateur de 78 ans, actuellement deuxième derrière l'ex-vice-président Joe Biden dans les sondages de la course à l'investiture démocrate. 

«Il a été au Congrès pendant des années, il n'avait qu'un seul sénateur pour le soutenir. Personne ne l'aime, personne ne veut travailler avec lui, il n'a rien fait», déclare l'ex-secrétaire d'État américaine dans ce film. «J'ai vraiment de la peine pour les gens qui s'y laissent prendre». 

Alors que la sénatrice Elizabeth Warren, également candidate à la présidentielle 2020, a récemment accusé Bernie Sanders de lui avoir dit en privé qu'une femme ne pouvait pas battre Donald Trump dans les urnes en novembre - ce que M. Sanders a démenti -, Mme Clinton prend aussi parti pour Mme Warren.  

«C'est un mode de fonctionnement. Si c'était juste une fois, vous pourriez dire, "Ok, ce n'est pas grave", mais il (Bernie Sanders) a aussi dit que je n'étais pas qualifiée» pour être présidente, affirme l'ancienne Première dame, selon des extraits cités par des médias américains. 

«Ce n'est pas que lui, c'est toute la culture autour de lui, son équipe de campagne, ses partisans les plus connus, les attaques incessantes en ligne de ses partisans contre ses rivaux, surtout les femmes», a-t-elle ajouté. 

Pétition 

Plus grave pour certains: dans une interview sur le documentaire au site spécialisé Hollywood Reporter, Mme Clinton, qui a toujours reproché à M. Sanders et ses partisans de ne pas l'avoir suffisamment soutenue en 2016, a refusé de dire si elle voterait pour M. Sanders au cas où il remporterait l'investiture.  

À deux semaines de la première primaire démocrate, dans l'Iowa, et alors que la plupart des candidats se sont engagés à soutenir sans réserve celui qui décrocherait l'investiture face à M. Trump, ce non-dit lui a valu de vives critiques. 

«Nous appelons Hillary Clinton à faire ce qui est juste et à dire immédiatement qu'elle fera tout pour soutenir quiconque remportera l'investiture», ont réagi les «Justice Democrats», groupe de démocrates proches de Bernie Sanders. Ils ont lancé une pétition en ce sens. 

Les partisans de M. Sanders, connus pour leur enthousiasme et leur loyauté, se sont mobilisés autour du mot-dièse «#ILikeBernie» («J'aime Bernie»), devenu viral mardi sur Twitter.  

Le sénateur a lui dédramatisé une attaque qui, selon certains commentateurs, pourrait faire le jeu de ce septuagénaire ravi de faire trembler les puissants.  

Hillary Clinton «a droit à ses opinions. Mon travail aujourd'hui est de me concentrer sur les accusations en destitution» contre Donald Trump, a-t-il déclaré à des journalistes.   

«Les bons jours, ma femme m'aime, passons à autre chose», a-t-il déclaré à d'autres journalistes au Congrès. 

Au-delà des critiques de Mme Clinton, M. Sanders a aussi été critiqué lundi pour une tribune parue dans le Guardian, signée de l'une de ses sympathisantes, Zephyr Teachout, qui accuse M. Biden d'avoir un «gros problème de corruption».  

M. Sanders s'est excusé publiquement et s'est dit «désolé que cette tribune ait été publiée».

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