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Une épilation au laser tourne au cauchemar

TVA Nouvelles

Une femme qui a subi des brûlures au premier degré pendant une procédure d’épilation au laser pourrait devoir patienter pendant des siècles avant d'être complètement dédommagée, selon un accord de remboursement conclu avec les petites créances. 

Anne-Marie Thibeault garde des cicatrices permanentes d’un traitement par épilation au laser effectué chez Cristel Savage en juillet 2018, à Salaberry-de-Valleyfield. 

  

 Lors du rendez-vous, elle s’est plainte de douleurs importantes aux cuisses pendant la procédure, comme si «on y avait déposé une tôle à biscuits sortie du four», peut-on lire dans la plainte. L’esthéticienne la rassure. 

 «Elle m’a dit que, comme c’était dans les derniers traitements, c’était normal que la machine soit plus forte», a témoigné Mme Thibeault.Incapable de terminer le traitement, la femme demande de l’interrompre. Victime de douleurs intenses, elle quitte le salon d’esthétique et se rend à une clinique, où on lui diagnostique des brûlures au premier degré. 

  

 

Une procédure non sans risques 

Anne-Marie Thibeault affirme que Cristel Savage-Doiron ne lui a jamais expliqué les risques que comportait l’épilation au laser, notamment sur la peau ayant récemment été exposée au soleil. 

Elle ne lui a pas non plus remis de document explicatif ou fait signer de décharge en lien avec le traitement, détaille le document déposé aux petites créances. Son consentement n’était pas «éclairé», conclut la plaignante. 

La jeune femme conserve des marques indélébiles de la procédure d’épilation au laser. Aujourd’hui, ses cuisses sont recouvertes de tâches dépigmentées qui sont dues aux brûlures du laser. 

Auparavant très sportive, Mme Thibeault allègue que l’apparence de ses cuisses lui a causé des préjudices physiques et psychologiques importants. 

  

Une victoire amère 

Déterminée à être dédommagée pour les préjudices subis, Anne-Marie Thibeault a poursuivi Cristel Savage-Doiron aux petites créances pour 7000 $. 

En juin dernier, la division de la Cour du Québec lui a donné raison sur toute la ligne. À la suite de ce jugement, l’esthéticienne a été sommée de lui payer un total de 7533,36 $. 

Cette dernière a souscrit à un programme de dépôt volontaire pour rembourser sa dette au rythme de 173,36 $ par mois. Or, le 5 septembre 2019, Anne-Marie Thibeault a été avisée d’une baisse des revenus déclarés de Mme Savage-Doiron qui fait en sorte qu’elle n’a plus aucun revenu saisissable. 

Résultat: l’esthéticienne s’engage maintenant à lui rembourser 1 $ par mois. Si on fait le calcul, cela signifie que Mme Thibeault recevra le montant auquel elle a droit au bout d'environ 625 ans. 

«Ce qu’on essaie d’encourager, c’est la réhabilitation, pour que quelqu’un continue à survivre pendant qu’il règle ses problèmes financiers, a expliqué l'expert en insolvabilité Pierre Fortin. Je sais que du point de vue des créanciers, il y a des situations très aberrantes.» 

Indignée, Anne-Marie Thibeault pourrait contester les revenus de Mme Savage-Doiron. «Mais ce sont des démarches qui sont toujours à mes frais. Je devrais engager un enquêteur...», s'est-elle résignée.