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Wall Street affectée par un virus asiatique et les déboires de Boeing

Agence France-Presse

La Bourse de New York a terminé dans le rouge mardi, fragilisée à son retour de week-end prolongé par les craintes liées à la propagation d'un virus asiatique, par l'abaissement des prévisions de croissance du FMI ainsi que par les nouveaux déboires de Boeing. 

Son indice vedette, le Dow Jones, a reculé de 0,52% à 29 196,04 points. 

Le Nasdaq, à forte coloration technologique, a lâché 0,19% à 9370,81 points tandis que l'indice élargi S&P 500 a cédé 0,27% pour terminer à 3320,79 points. 

Les acteurs du marché, qui avaient fait grimper les indices à des niveaux inédits la semaine dernière, ont été rattrapés par plusieurs préoccupations mardi matin, à leur retour d'un week-end prolongé par un jour férié aux États-Unis lundi. 

La propagation d'un nouveau virus mystérieux causant des pneumonies et originaire de Chine a notamment ravivé le souvenir des répercussions économiques de l'épidémie de syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) qui avait durement frappé la Chine en 2003. 

Les indices de Wall Street ont d'ailleurs piqué du nez quand les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) ont annoncé en cours de séance qu'un homme d'une trentaine d'années, atteint du nouveau coronavirus chinois, avait été hospitalisé à Everett, près de Seattle, confirmant ainsi le premier cas aux États-Unis. 

«Si ça devient vraiment une épidémie de grande ampleur, cela pourrait peser sur l'activité économique, surtout en Asie», remarque Peter Cardillo, de Spartan Capital Securities. 

Les entreprises liées au tourisme ont été particulièrement affectées, comme les compagnies aériennes Delta (-2,72%), American Airlines (-4,23%) ou United Continental (-4,36%). 

Les opérateurs d'hôtels et casinos Las Vegas Sands Corp (-5,40%), Wynn Resorts (-6,14%) et MGM (-6,22%) ont aussi été touchés. 

D'autres signaux négatifs sur l'économie mondiale ont aussi ébranlé les marchés mardi, dont l'abaissement par Moody's de la note de la dette de Hong Kong. L'agence de notation reproche notamment au gouvernement de la plateforme financière internationale sa gestion des mois de manifestations. 

Le Fonds monétaire international a par ailleurs réduit lundi ses prévisions de croissance économique mondiale pour 2020, tablant désormais sur 3,3% cette année contre 3,4% auparavant. 

Selon l'institution internationale, la signature de l'accord commercial sino-américain et le Brexit ont apporté une bouffée d'oxygène à l'économie mondiale, dont la croissance devrait rebondir cette année après s'être affichée à 2,9% en 2019. Mais la reprise devrait être «poussive» et restera fragilisée par la persistance de risques géopolitiques. 

La baisse de 3,33% de l'action de Boeing a aussi pesé sur le Dow Jones, dont il est un membre important. 

L'avionneur a annoncé que son 737 MAX ne revolerait pas avant mi-2020, soit avec plusieurs mois de retard sur ses propres prévisions et les prévisions les plus optimistes des experts. 

Sur le marché obligataire, le taux à 10 ans sur la dette américaine reculait, évoluant à 1,767% vers 16h30 contre 1,822% vendredi à la clôture.