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Option consommateurs craint la fin de l’argent comptant

Agence QMI

La décision de certaines entreprises de tourner le dos à l’argent comptant risquerait de défavoriser les principaux utilisateurs de l’argent liquide, notamment les aînés et les consommateurs à faible revenu, s’inquiète Option consommateurs dans un rapport publié mercredi. 

L’OSBL cite l’exemple du transporteur canadien Via Rail, des centres de conditionnement physique Econofitness et autres restaurants et commerces qui n’acceptent que les paiements électroniques. 

«L’usage de l’argent comptant est en décroissance constante au Canada. Les espèces sont progressivement remplacées par les modes de paiement électroniques, principalement la carte de crédit et la carte de débit», rapporte Option consommateurs en affirmant qu'une tendance vers l’abandon de l'argent comptant dans le commerce de détail est désormais amorcée. 

Cette évolution des modes de transaction préoccupe Option consommateurs puisque les transactions électroniques ne sont pas anonymes, contrairement au paiement comptant. 

Un paiement par carte implique l’enregistrement des renseignements financiers qui pourraient ainsi être exploités à des fins commerciales, avertit l’association pour qui la circulation de ces données augmente «les risques qu’elles soient détournées et utilisées par des criminels aux fins de fraude ou de vol d’identité». 

Les consommateurs veulent pouvoir choisir la façon dont ils paient et estiment que l’argent comptant est un moyen plus simple qui leur «procure une plus grande liberté et un meilleur contrôle de leurs avoirs», estime l'organisme dans son rapport. 

«Il est grand temps d’encadrer tous les modes de paiement électronique avec des règles harmonisées et capables de s’adapter aux nouvelles technologies, tout en favorisant l’accès de l’ensemble des consommateurs», a soutenu Me Alexandre Plourde, avocat et analyste à Option consommateurs. 

Option consommateurs demande au gouvernement de «moderniser la Loi sur la monnaie afin d’obliger les commerçants à accepter les espèces et d’uniformiser les différentes lois qui régissent les modes de paiement électroniques», selon le même rapport qui fait référence à la série «Star Trek» dans laquelle, au 24e siècle, la monnaie n’existe plus.