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Véronique Hivon lance un appel à la transparence

TVA Nouvelles

La députée péquiste Véronique Hivon a lancé un appel à la ministre de la Santé Danielle McCann, mercredi, pour que des consultations publiques sur l’admissibilité des patients atteints de maladies mentales soient tenues dans le cadre de l’élargissement de l’aide médicale à mourir. 

• À lire aussi: Plus besoin d’être en «fin de vie» pour obtenir l’aide à mourir 

Si elle salue la décision de la ministre de se conformer au jugement de la Cour supérieure, qui exclut la nécessité d’être en «fin de vie» pour être admissible à l’aide médicale à mourir, Véronique Hivon remet en question la décision de la ministre de ne pas tenir de consultations publiques pour l’élargissement aux personnes atteintes de maladies mentales. 

«J’ai été très surprise de la rapidité et de l’ouverture pour ce sujet dont on n’a jamais vraiment débattu au Québec», a indiqué la députée péquiste en entrevue à LCN. 

Comme le précédent critère d’admissibilité exigeait d’être en «fin de vie», les maladies mentales n’avaient pas été prises en compte dans les consultations publiques, rappelle la marraine de la loi. 

La ministre a pourtant décidé de ne pas faire de débat public et de plutôt envoyer la question directement au Collège des médecins via son guide pratique, regrette Mme Hivon. «Je trouve que ça manque gravement de transparence», dit-elle. 

C’est dans cette optique qu’elle appelle la ministre à tenir des consultations publiques sur la question. 

«C’est comme un engagement que les parlementaires ont pris, dans toute la démarche de mourir dans la dignité, de dire que s’il y a un élargissement, on va toujours faire un débat public, que ça ne se fera pas en catimini.» 

Elle entend d’ailleurs prendre les devants et envoyer une demande à la Commission de la santé et des services sociaux pour que les parlementaires se donnent un mandat d’initiative afin de faire des consultations. 

«Moi qui ait travaillé dans ça depuis des années, j’ai besoin d’entendre des experts en psychiatrie me dire si c’est fréquent, un cas de maladie mentale incurable avec un déclin complètement avancé et irréversible, et avec des souffrances constantes et persistantes qu’on ne peut jamais soulager», souligne Mme Hivon. 

Pour la députée, ces consultations sont nécessaires pour conserver le consensus autour de l'aide médicale à mourir, construit, justement, grâce aux débats publics sur la question. 

En entrevue à QUB radio, le secrétaire du Collège des médecins, le Dr Yves Robert, admettait mardi que la question de la santé mentale «suscitait un certain nombre d’interrogations». 

«C’est clair qu’une personne suicidaire ou en dépression importante, il va falloir être extrêmement prudent avant d’offrir l’aide médicale à mourir, parce que leur pathologie elle-même appelle à mettre fin à leurs jours», avait-il évoqué.

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