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Drame au Lac-Saint-Jean: le guide aurait tenté de sauver le devant du peloton

Pierre-Paul Biron | Journal de Québec

Le guide de l’expédition qui a viré au drame mardi soir serait retourné volontairement vers les eaux libres du lac Saint-Jean pour tenter de rattraper le devant du peloton qui se dirigeait tout droit vers la mort. Il y aura finalement laissé sa peau lui aussi.     

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Selon Charles Tremblay, propriétaire du dépanneur où se sont réfugiés les trois survivants, le guide Benoit Lesperance serait retourné vers le centre du lac Saint-Jean après s’être assuré que ces derniers étaient sains et saufs.  

  

  

«De ce qu’ils nous ont dit, le guide est revenu vers eux après avoir réalisé qu’ils ne suivaient plus, qu’ils étaient tombés à l’eau», raconte M. Tremblay. «Il leur a dit de revenir ici, au dépanneur, qu’ils allaient rattraper les autres et les rejoindre. Il n’est jamais revenu».    

Ce témoignage laisse donc croire que le guide, comprenant probablement le danger de laisser filer les cinq motoneigistes de devant, a choisi de risquer sa vie pour les rejoindre.     

«S’il n’était pas retourné, il s’en serait sorti avec les trois autres. Mais un guide ne laissera pas son monde aller. Il a surement mis le gaz au fond sur l’eau pour essayer de passer et les rejoindre», croit Charles Tremblay.     

Un résident du secteur, Dany Gaudreault, avait également confié au Journal mercredi que les policiers avaient aperçu «des traces de motoneige qui se tournaient près des îles et qui revenaient vers l’eau», ce qui pourrait correspondre aux allées et venues du guide pour retrouver son groupe.    

Vers la mort  

Cette portion manquante de l’histoire permettrait également d’expliquer pourquoi les trois motoneigistes rescapés ne paniquaient pas lorsqu’ils sont arrivés au dépanneur. Pour eux, le reste du groupe avait seulement continué sa route. Un chemin qui les aura probablement menés vers la mort.    

«Quand il fait noir comme ça, tu ne sais pas dans quoi tu tombes. Tu ne sais pas si c’est un gros trou ou pas», affirme le propriétaire.    

Selon sa lecture du fil des événements, les trois Français n’auraient donc jamais vraiment compris ce qui était arrivé à leurs camarades.    

«Eux semblaient croire qu’ils avaient pris le mauvais chemin. Ils pensaient que les autres avaient le bon chemin pour traverser et qu’ils avaient juste continué. C’est pour ça qu’ils ont juste dit qu’ils avaient perdu leur groupe et qu’ils essayaient de les appeler», précise M. Tremblay, toujours choqué par l’ampleur du drame.    

«C’est absolument terrible.»