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«Il savait qu'il y avait un danger à cet endroit»

Catherine Bouchard | Journal de Québec

Benoit Lespérance savait qu’il ne devait pas s’aventurer en motoneige sur les eaux de la rivière Grande Décharge, confie un ancien client et ami du guide de motoneige qui a perdu la vie tragiquement au Lac-Saint-Jean mardi soir.  

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Depuis la Belgique, Vincent Nieuborg peine à croire au décès de Benoit Lespérance, qui était devenu un ami, au fil des années.   

«Ça faisait trois ans que j’allais en motoneige avec lui chaque année. J’ai été très surpris en voyant les nouvelles, mercredi», confie Vincent Nieuborg.  

Le Belge indique que lui et Lespérance ont circulé, il y a deux ans, dans les sentiers à proximité du site de l’accident. Ils étaient restés dans les sentiers.   

«Il savait qu’il y avait un danger à cet endroit. Il nous avait expliqué que les glaces ne se formaient pas», poursuit M. Nieuborg.  

«Je crois plutôt qu’il voulait peut-être rattraper un client», fait-il valoir.  

Par ailleurs, M. Nieuborg demeure perplexe par rapport à l’heure de l’accident, survenu à 19h30, ce qui le mène davantage à penser que Lespérance était en mode «urgence» pour aider un client, juste avant l’accident.   

«Normalement, à 18h, tout le monde était de retour à l’auberge», souligne-t-il.  

D’ailleurs, M. Nieuborg avait vu Lespérance participer à des opérations de sauvetage.   

«Il avait toujours son téléphone satellite et une trousse. Il était toujours bien équipé», fait valoir l’ami éploré, qui ajoute avoir une confiance aveugle envers le guide.  

Guide exemplaire  

«L’an passé, je suis venu avec ma femme et mon fils. Mon fils était le passager de Lespérance. C’est vous dire comment j’avais confiance en lui», évoque-t-il, ajoutant qu’il avait appris à son fils, Sacha, à jouer au hockey.  

M. Nieuborg admet aimer l’adrénaline et avoir tenté de convaincre le guide de l’apporter dans les hors-piste.  

«On en voulait, on en redemandait. Mais lui, il nous freinait. On le poussait pour aller faire du hors-piste et il refusait. Une fois, il a accepté de faire exception et nous a apportés sur le site d’une piste d’aviation abandonnée pour jouer dans la poudreuse. Il savait qu’il n’y aurait pas de danger», raconte-t-il.   

M. Nieuborg devait revenir en mars prochain, au Québec, pour visiter Lespérance personnellement et faire de la motoneige en sa compagnie.   

«C’était devenu un ami plus qu’un guide. C’était vraiment quelqu’un de bien», termine-t-il.

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