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Pierre Poilievre renonce à se lancer dans la course à la direction du PCC

Émilie Bergeron

Le Franco-Albertain Pierre Poilievre renonce à se lancer dans la course à la direction du Parti conservateur du Canada (PCC) après avoir planifié pendant des semaines son éventuelle campagne.

«Je savais que ce serait difficile pour ma vie familiale, mais je n’imaginais pas combien», a expliqué le député de la région d’Ottawa, jeudi, sur les réseaux sociaux.

M. Poilievre devait pourtant confirmer qu’il se lancerait aussitôt que dimanche prochain. Son équipe de campagne était déjà largement formée, dirigée par l’ex-ministre John Baird.

M. Poilievre a finalement décidé de ne pas aller de l’avant puisqu’il sent qu’il ne pourrait pas être «pleinement engagé» dans la course tout en continuant d’être présent auprès de son jeune enfant.

«C’est encore plus difficile parce que je venais de passer les 18 mois précédents à faire campagne pour regagner mon siège à la récente élection fédérale, au cours de laquelle j’ai raté la majeure partie de la première année de notre bébé», a-t-il ajouté.

Le bruit courait depuis plusieurs semaines que M. Poilievre allait se porter candidat. La semaine dernière, il a passé trois jours dans le Grand Montréal pour rencontrer des militants conservateurs et faire le plein d’appuis.

Le désistement de M. Poilievre survient après celui de l’ex-premier ministre québécois Jean Charest, qui avait aussi commencé à s’organiser pour se lancer dans la course à la succession d’Andrew Scheer.

L’ex-chef par intérim Rona Ambrose a de son côté décliné les nombreux appels à faire le saut provenant surtout de conservateurs de l’Ouest.

L’absence de tels candidats de taille pourrait donc paver la voie au couronnement de l’ex-ministre Peter Mackay.

Ce dernier doit donner le coup d’envoi officiel à sa campagne samedi en Nouvelle-Écosse, sa province natale.

Ministre dans le gouvernement de Stephen Harper, il a été le dernier chef du Parti progressiste-conservateur. Il a orchestré la fusion de la formation politique avec l’Alliance canadienne pour créer l’actuel Parti conservateur.

Le directeur de l’Institut d’études canadiennes de l’Université McGill, Daniel Béland, estime qu’il est trop tôt pour parler d’un éventuel couronnement de M. Mackay. Il signale que le député ontarien Erin O’Toole, qui pourrait se lancer dans la course, n’est pas à négliger. Cet ex-ministre a fini troisième dans la précédente course au leadership du PCC, en 2017.

«Ça pourrait donc se diriger vers une course à deux. [...] Les gens qui n’aiment pas Peter Mackay pourraient se regrouper derrière M. O’Toole», a relevé M. Béland.

Notons que M. Mackay cumule une dizaine d’appuis au sein du caucus conservateur, notamment celui du député de la région de Québec Pierre Paul-Hus.

Le prochain chef du PCC sera choisi le 27 juin prochain. Les aspirants-chefs ont jusqu’à la fin février pour entrer dans la course.

Outre M. Mackay, des candidats moins connus ont aussi confirmé qu’ils seront de la course. C’est le cas de la députée ontarienne Marilyn Gladu et de l’ex-organisateur Richard Décarie.

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