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Un guide avec 20 ans d’expérience

Antoine Lacroix - Le Journal de Montréal

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Le guide de motoneige montréalais qui a péri tragiquement dans l’accident sur le lac Saint-Jean mardi soir était loin d’en être à sa première expédition. Il comptait environ 20 ans d’expérience.  

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«Ça fait longtemps qu’il est guide de motoneige, c’est un gars expérimenté. Ça ne semblait pas un gars casse-cou non plus. C’était quelqu’un de bien apprécié», a laissé tomber, complètement estomaqué, Stéphane René Tremblay, un ami qui connaît Benoit Lespérance depuis 15 ans.   

Grand voyageur, ce dernier n’était pas souvent à Montréal. Or, il avait tout de même un pied-à-terre dans la métropole, soit l’appartement de sa fille.   

«Ça faisait un an que je ne l’avais pas vu et je l’ai revu la semaine dernière. Je ne peux pas croire que ça arrive, c’est d’une tristesse», a ajouté M. Tremblay, qui est aussi propriétaire de l’appartement.   

Le guide de 42 ans, qui mentionnait sur Facebook avoir 20 ans d’expérience, accompagnait le groupe de huit motoneigistes français lorsque la tragédie est survenue dans un secteur non balisé de Saint-Henri-de-Taillon.   

«J’ai un ami qui est décédé»  

«Personnellement, j’ai un ami qui est [ présumément] décédé», témoigne Francis Pierrel, un organisateur de voyages en motoneige au Québec, sous le choc en parlant de l’une des victimes françaises. «Cela fait depuis 1995 qu’il vient faire de la motoneige avec moi ou d’autres. Il était un passionné du Québec et de la motoneige.»   

Partis de Saint-Michel-des-Saints lundi matin, la troupe a séjourné en soirée au Relais 22 Milles, non loin de La Tuque, pour finalement prendre la route le lendemain vers la région du Lac-Saint-Jean.   

Parmi les hypothèses possibles, M. Pierrel n’écarte pas que le groupe se soit dispersé sur le sentier et que les touristes se soient malencontreusement retrouvés dans une situation précaire. «Il se peut que le guide les ait aperçus et qu’il soit allé au-devant d’eux pour les prévenir du danger», a avancé M. Pierrel.   

Les touristes expérimentés  

L’entreprise responsable du voyage, Aventures 3000, s’est faite avare de commentaires toute la journée. Le propriétaire de l’entreprise, Patrick Denis, a refusé de répondre aux questions, mais un actionnaire de l’entreprise, Jean-Pierre Turci, a toutefois réagi au «malheureux événement».   

Il a notamment précisé que les touristes, tout comme le guide, avaient de l’expérience avec de tels engins.   

«On a cinq clients qui sont décédés [disparus] et un guide. Des clients qui sont venus régulièrement», a déploré M. Turci. Répétant à plusieurs reprises ne pas vouloir «court-circuiter» l’enquête. Il a ajouté qu’il était «attristé de perdre des connaissances».   

Il a été impossible de connaître les identités des touristes français impliqués.   

Selon la chaîne France 3, les trois rescapés sont originaires du Haut-Rhin, dans l’Est du pays. Les cinq touristes portés disparus, âgés de 24 à 58 ans, sont quant à eux de la région de l’Alsace ou des Vosges.   

 — Avec Diane Tremblay et Nicolas Saillant

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