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16 000 infractions par jour aux alentours des bus scolaires

Pierre-Olivier Zappa | Le Journal de Montréal

L’entreprise Bus Patrouille dénonce l’inaction du Ministère des Transports (MTQ) face aux automobilistes qui ne respectent pas la signalisation entourant les autobus scolaires.  

La PME de Rosemère estime que 16 000 infractions sont commises chaque jour, et que seulement 0,0003 % des conducteurs fautifs sont épinglés par les policiers. « Chaque jour, il y a des automobilistes qui jouent à la roulette russe avec la sécurité de nos enfants », s’alarme Roberto Rego, vice-président de l’entreprise.  

Depuis la tenue d’un projet pilote en 2018, Bus Patrouille a proposé au MTQ d’installer gratuitement des caméras intelligentes sur les 8000 autobus scolaires qui sillonnent le Québec, ce qui permettrait de repérer automatiquement les délinquants.  

Or, le gouvernement Legault refuse pour l’heure de modifier la loi qui rendrait les vidéos admissibles en preuve.  

« Notre intelligence artificielle identifie les automobilistes fautifs. Par la suite, avec nos systèmes, on envoie la contravention au contrevenant chez lui. Avec un lien internet, il voit la preuve contre lui et peut payer l’amende », explique le dirigeant.  

Partout... sauf au Québec 

« On espère que le Québec va bientôt emboiter les pas », s’impatiente M. Rego. Déjà, la PME brasse des affaires dans plus de six États américains, dont le Maryland et la Géorgie. Elle est aussi en discussion avec New York et l’Ontario. En Amérique du Nord, Bus Patrouille occupe plus de 50 % du marché.  

Avec l’implantation massive des maternelles 4 ans au Québec, la PME pense que le moment est bien choisi pour que le ministère donne son feu vert aux caméras de surveillance. « C’est une nouvelle clientèle vulnérable qui va embarquer dans nos autobus. L’urgence d’agir est encore plus pressante», conclut M. Rego.  

L’entreprise offre ses services gratuitement, et conserve en retour près de 60 % des recettes tirées des contraventions pour financer l’installation et la gestion du système. Selon les estimations tirées du projet pilote, plus d’un million $ en profit serait potentiellement distribué chaque jour aux municipalités du Québec.