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Classe d’une école primaire de Québec: neuf enseignants différents depuis la rentrée

Daphnée Dion-Viens | Journal de Québec

Interior of an empty school class

Elena - stock.adobe.com

Au moins neuf enseignants différents se sont succédé depuis la rentrée dans une classe de quatrième année d’une école primaire de l'arrondissement Beauport à Québec, une situation dénoncée par des parents qui craignent les impacts de ce manque de stabilité sur les élèves. 

Dans cette classe de l’école de la Pléiade, il était déjà prévu depuis la rentrée que les élèves auraient trois enseignantes différentes cette année. 

La première a pris en charge la classe de septembre à novembre avant de quitter pour un congé de maternité. Une deuxième enseignante l’a remplacée et devait être présente jusqu’en mars, au moment où l’enseignante titulaire de ce poste reviendra au travail à la suite d’un congé parental. 

«Pas de bon sens» 

Or au début décembre, la deuxième enseignante a dû partir en congé de maladie à la suite d’une blessure. Depuis ce temps, au moins sept suppléants se sont succédé, selon des informations recueillies par des parents. Depuis le début de la semaine seulement les enfants ont vu défiler trois personnes différentes en classe. 

Des parents ont contacté Le Journal pour dénoncer la situation. «Je comprends que c’est une situation exceptionnelle, mais ça se passe au détriment de la réussite des élèves. Ce n’est vraiment pas un climat adéquat pour les apprentissages», affirme une mère, qui a préféré ne pas être identifiée. 

Une autre maman affirme que le manque de stabilité nuit à son enfant, qui revient de l’école en disant «qu’il n’a rien appris» parce qu’il a fait du bricolage ou des dessins pendant la journée. «Ça n’a pas de bon sens», lance-t-elle. 

Situation «inévitable» 

À la commission scolaire des Premières-Seigneuries, on affirme qu’il s’agit «d’une situation qu’on ne peut éviter» en raison des règles en place dans la convention collective des enseignants.  

L’important est de s’assurer que toutes les mesures sont mises en place pour assurer la continuité de l’enseignement en classe, indique sa secrétaire générale, Martine Chouinard. 

Dans ce cas-ci, les services en orthopédagogie se poursuivent toujours et l’enseignante en congé de maladie transmet aux suppléants la planification pédagogique prévue chaque jour, ce qui est «assez exceptionnel», affirme Mme Chouinard. 

Puisque le congé de maladie de la deuxième enseignante est prolongé à coup de deux semaines, il est difficile d’assurer une meilleure stabilité en classe, ajoute-t-elle, en raison du manque de suppléants. 

Le Syndicat de l’enseignement de la région de Québec rétorque de son côté que rien n’empêche la commission scolaire d’offrir un remplacement pour une plus longue période, même si la durée du congé de maladie est indéterminée.  

Ce type de mesure pourrait être mis en place afin d’assurer une meilleure stabilité en classe, dans un contexte de pénurie où les suppléants sont maintenant une denrée rare, indique son président, Daniel Gauthier. 

«Sinon, cette situation-là pourrait se reproduire dans d’autres écoles», lance-t-il.