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Centres de tri: l’exploitant partira, mais on ne sait pas quand

Dominique Cambron-Goulet | Le Journal de Montréal

Rebuts solides canadiens, qui exploite quatre centres de tri au Québec, dont deux à Montréal, cessera ses activités «à très court terme», mais on ne sait toujours pas quand, a indiqué la Ville de Montréal vendredi.  

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Au sortir d’une rencontre au sommet avec des représentants de Rebuts solides canadiens, du gouvernement du Québec, de la Ville de Montréal et de Recyc-Québec, aucune solution ne semblait avoir été trouvée pour permettre de maintenir les activités de l’entreprise.     

«Rebuts solides canadiens nous a informé qu’ils voulaient se retirer de toutes ses activités au Québec. Ils n’ont pas donné de date, mais on parle de très très court terme», a indiqué le responsable du dossier du recyclage dans l’administration de la mairesse Valérie Plante, Jean-François Parenteau.     

Il dit que des actions légales doivent être prises par la compagnie dans les prochains jours, mais n’a pas voulu donner davantage de détails.     

La compagnie qui gère environ le tiers des matières recyclables du Québec a indiqué qu’«aucune solution n’a été privilégiée pour sortir de la crise», dans un communiqué.     

De son côté, Jean-François Parenteau a affirmé qu’il y avait eu «zéro négociation» pour injecter de l’argent dans l’entreprise.     

Rappelons que la Ville a déjà déboursé 29 M$ en 2018 pour compenser les pertes de Rebuts solides canadiens, en raison du marché mondial du papier qui s’est effondré.     

En 2018, la Chine a fermé son marché au papier mixte, une des matières qui sort le plus des centres de tri québécois. Puis depuis cet été l’Inde, un nouvel acheteur a décidé de faire de même, ce qui mène à la crise que nous vivons actuellement.     

Tout un casse-tête   

On ignore pour l’instant comment les diverses municipalités assureront le maintien du service de recyclage.      

Le ministre de l’Environnement, Benoit Charrette, a voulu se faire rassurant. «Tout nous permet de croire que les services aux citoyens ne seront pas impactés», a-t-il indiqué dans une déclaration écrite.     

Toutefois, cela pourrait causer beaucoup de maux de tête à certaines municipalités, notamment de la Rive-Sud de Montréal.     

Le centre de tri de Châteauguay, qui gère les matières recyclables de plus de 30 municipalités, est totalement la propriété de Rebuts solides canadiens, ce qui pourrait signifier une fermeture.     

À Montréal, la Ville est propriétaire de toutes les installations du nouveau centre de tri situé à Lachine, et de la bâtisse de celui de Saint-Michel, ce qui devrait aider à diminuer les risques d’interruptions de service.     

M. Parenteau a assuré que les «services de recyclages seraient maintenus», mais n’est pas entré dans le détail des solutions, à savoir si un autre opérateur prendrait le relais ou si la Ville s’occuperait du tri.     

Il a répété que les citoyens ne devaient arrêter de récupérer et que l’enfouissement «n’était pas une option».