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Réfection de la Métropolitaine: enfouir l'autoroute et créer un jardin aérien

Béatrice Roy-Brunet | 24 Heures

PHOTO COURTOISIE/Valéry Simard, Les Jardins d’Albert/Horticulture extrême et Lupien + Matteau architectes

Construire un verger ou un potager sur la portion aérienne de l’autoroute Métropolitaine, à Montréal, vous semble impossible? C’est pourtant l’idée d’un groupe qui demande un moratoire sur la réfection majeure prévue par le gouvernement Legault sur ce tronçon des voies rapides.

Le secteur surélevé de la Métropolitaine, qui s’étire du boulevard Saint-Laurent jusqu'au boulevard Pie-XI, pourrait devenir la plus grande ferme urbaine du monde, avance Albert Mondor, un horticulteur et biologiste membre de l’équipe d’une dizaine de personnes à l’origine du projet Metropoligne 40.

«Ce qu’on propose essentiellement, c’est de creuser sous le tablier, d’enfouir les voies de circulation et de créer sur le tablier - ça va demander un peu de rénovations - un immense parc dans lequel on cultiverait des fruits et des légumes», a-t-il expliqué.

Jardin

Jusqu’à 50 tonnes de tomates et deux millions de poires et de pommes pourraient être produits chaque année sur le tablier de l’autoroute, estime l'horticulteur. Le dessous de la structure serait exploité pour faire de l’aquaponie, soit l’élevage de poissons et la culture de certaines plantes.

L’endroit proposerait également des restaurants, des cafés, une piste cyclable et un monorail pour relier les différentes parties du parc. Un marché, qui s’installerait près de la Tohu, permettrait entre autres la vente des produits frais récoltés.

Selon M. Mondor, la proposition n’aurait pas seulement un impact positif sur l’environnement et sur les emplois disponibles. Il serait une source de fierté pour les Montréalais. «On se base sur des précédents. Les villes de Boston et de New York ont fait exactement ça.»

«Une cicatrice»

Le projet Metropoligne 40, qui est né d’une proposition de l’équipe de la Biosphère il y a environ deux ans, se présente comme une alternative à la réfection majeure de l’autoroute Métropolitaine. Les appels d’offres pour le secteur Est ont d'ailleurs déjà débuté ce mois-ci.

«C’est une véritable fracture, c’est une cicatrice au milieu de la ville. À notre avis, cette cicatrice coupe des quartiers, empêche leur dynamisation, réduit la quiétude et le bien-être des gens», a avancé M. Mondor.

Le groupe a envoyé son projet au ministre des Transports, François Bonnardel, à la ministre responsable de la Métropole, Chantal Rouleau, et à la mairesse de Montréal, Valérie Plante. Ses membres demandent aux élus de décréter un moratoire.

«Avec des milliards, est-ce que c’est possible de s’asseoir, de réfléchir et de trouver la meilleure solution? Ce n’est certainement pas de refaire l’autoroute à l’identique», a soulevé M. Mondor.

Un projet répondant aux défis environnementaux est ainsi demandé. «Nous, on trouve que ce n’est absolument pas soutenable en 2020 de refaire une autoroute à l’identique comme ça été fait dans les années 50», a soutenu M. Mondor.