/news/law

«Une bourde monumentale du système»

TVA Nouvelles

Plusieurs questions concernant la semi-liberté accordée au meurtrier Eustachio Gallese demeurent toujours sans réponse, vendredi, mais pour l’auteur et documentariste Yves Thériault, il y a au moins une certitude : le système a commis une «bourde monumentale».   

• À lire aussi: Meurtre à Sainte-Foy: «c’était prévisible»  

• À lire aussi: Meurtre à Québec: Sonia Lebel demande des réponses au fédéral  

• À lire aussi: Meurtre dans un hôtel: la victime était travailleuse du sexe   

«C’est quelqu’un qui n’aurait pas dû sortir, qui n’aurait pas dû être remis en liberté», tranche l’auteur du livre «Tout le monde dehors» sur les libérations conditionnelles.   

En octobre 2004, Gallese avait été reconnu coupable du meurtre de sa conjointe à coups de marteau, en plus de l'avoir poignardée. Il avait été semi-libéré après 12 ans de prison.   

Mais pour M. Thériault, le système n’avait aucune obligation de le remettre en semi-liberté.   

«Présentement, au Canada, il y a 2000 criminels qui sont condamnés à l’emprisonnement à perpétuité et qui sont admissibles à la libération conditionnelle, mais qui sont toujours derrière les barreaux parce qu’ils ne sont pas sortables, ils sont trop dangereux. Donc le système n’avait aucune obligation d’accorder une semi-liberté à M. Gallese.» 

Pour l’auteur, il y a eu une série d’erreurs qui a pour conséquence de miner la confiance de la population envers le système qui doit pourtant la protéger. 

«C’est une bourde monumentale de la part du système, autant du point de vue de la Commission des libérations conditionnelles que des services correctionnels», a-t-il fait savoir. 

«Plusieurs manquements»   

Ce qui apparaît le plus troublant, ce sont les «manquements» répétés du système qui ont mené au meurtre présumé de Marylène Lévesque par Eustachio Gallese dans un hôtel du quartier Ste-Foy, à Québec. 

D’abord, l’homme de 51 ans devait rapporter à son agente de libération conditionnelle tout contact avec une femme, que ce soit pour des besoins sexuels ou non. «Déjà, il était en non-respect de conditions», note M. Thériault.   

Eustachio Gallese, qui se trouvait en semi-liberté dans une maison de transition, a comparu devant la Commission des libérations conditionnelles en septembre 2019 afin de demander sa libération conditionnelle totale, ce qui lui a été refusé.   

Or, lors de l’audience, les commissaires avaient relevé que l’agente de libération conditionnelle avait développé une stratégie pour que Gallese puisse assouvir ses besoins sexuels sans entrer en contact avec une femme.   

«Qu’est-ce que ça veut dire? On ne peut qu’imaginer que c’était probablement des rapports avec des femmes, peut-être des escortes. En partant, c’est illégal et c’est immoral», soulève l’auteur.   

Il ajoute que les commissaires avaient, à l’époque, indiqué que ce n’était pas permis et que c’était un facteur de risque inquiétant. «Il n’avait pas le droit de se retrouver dans cette situation-là.»   

Selon les informations, Gallese avait rencontré sa présumée victime dans un salon de massage érotique où il aurait eu un comportement violent à l’endroit des travailleuses du sexe de l’établissement. Comment l’homme de 51 ans a-t-il pu se retrouver dans une pareille situation, considérant ses antécédents de violence avec les femmes?   

  

  

«Les services correctionnels canadiens vont devoir donner des explications pour savoir pourquoi l’agente de libération conditionnelle avait toléré des rapports avec les femmes dans ce contexte et pourquoi, s’il s’était déjà présenté dans cet établissement, que ça n’avait pas été rapporté à la police», souligne M. Thériault.

Dans la même catégorie