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Vol d’identité: Desjardins lui offre 1000 $ en échange de son silence

Jean-Michel Genois Gagnon | Journal de Montréal

Tommy Dolbec

Chantal Poirier / JdeM

Victime d’un vol d’identité, un membre du Mouvement Desjardins affirme s'être fait offrir 1000 $ en échange de son silence. Pour obtenir ce montant, l’institution financière exigeait la signature d’une clause de confidentialité.    

«Ma liberté d’expression vaut plus que 1000 $», soutient en entrevue Tommy Dolbec. «J’aurais probablement accepté le montant si c’était simplement avec des excuses. Là, c’était pour me faire taire», poursuit-il.    

En juillet dernier, M. Dolbec a constaté que ses renseignements personnels, comme son nom, téléphone, courriel, adresse et numéro d’assurance sociale avaient été dérobés. Trois comptes bancaires ont été ouverts avec ces données du côté de l’Ontario, soit chez TD Canada, RBC et à la Banque Scotia.    

Plusieurs faux chèques ont été déposés dans ces comptes et l’argent a été retiré. C’est un agent de recouvrement qui a permis de sonner l’alarme.    

«Je devais environ 600 $ à la Banque Scotia», explique le membre de Desjardins. «Chez RBC, c’était près de 17 000 $ et 7000 à TD $. Les comptes auraient été ouverts en décembre 2018», poursuit-il.    

Plaintes  

Pour chaque cas, le résident de Dudswell a déposé une plainte à la Sûreté du Québec. Au cours des heures et des jours suivants, il a aussi contacté Equifax, TransUnion, Desjardins et le Bureau canadien du crédit (BUCC).    

«Desjardins m’a transféré à leur service d'indemnisation pour m’expliquer la méthode à suivre», raconte au Journal l’homme de 29 ans. «J’avais demandé à la dame si les services de réhabilitation de l’identité étaient couverts par la Protection Desjardins. La réponse était oui», ajoute-t-il.    

Ce dernier, qui était en vacances pour trois semaines, décide alors de déposer une demande auprès du BUCC pour récupérer son identité.    

Les jours suivants, M. Dolbec multiplie les téléphones et les rencontres pour régler sa situation. En août, il soumet la facture de ses démarches à Desjardins. La coopérative accepte de payer son kilométrage et ses heures, mais elle refuse de couvrir les frais de service du BUCC (401,26 $).    

Desjardins lui aurait alors répondu que l’employé avec lequel il avait discuté au départ n’était «pas trop au courant» de la politique pour la protection.    

En septembre, M. Dolbec décide de déposer une plainte. En plus du 401,26 $, il réclame 2000 $ à l’institution financière pour notamment perte de jouissance et dommages moraux.    

La coopérative refuse de nouveau sa demande.  

Dans une lettre, même s'il n'est pas possible de relier avec certitude ce vol d'identité à la fuite chez Desjardins, l’organisation lui offre tout de même une somme forfaitaire de 1000 $ dans le but «de maintenir une bonne relation d’affaires». C’est ce contrat qui comprenait une clause de confidentialité.     

«Cas d’exception»  

Du côté de Desjardins, on refuse de commenter le cas précis de M. Dolbec, mais on confirme que des ententes incluant des clauses de confidentialités peuvent parfois être prises avec des membres.    

On précise que la quittance exigée signifie plutôt qu’il ne pourrait plus faire de demande en lien avec cette réclamation précise.    

«Avec l’objectif de trouver une issue favorable à une insatisfaction, il arrive qu’une somme forfaitaire soit proposée au membre», confirme le porte-parole Jean-Benoît Turcotti. «Dans le cadre de réclamation liée à la Protection Desjardins, de telles ententes sont des cas d’exception».    

Protection Desjardins jusqu’à 50 000 $        

  • Quelques exclusions dans les frais remboursables    
  • Pertes en lien avec le rendement financier de tout placement    
  • Dommages matériels, corporels, moraux et personnels    
  • Pertes de revenus potentiels non réalisés        

Source : Mouvement Desjardins

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