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Il y a un truc efficace pour assurer l’enrichissement de ses enfants

Daniel Germain | Journal de Montréal

Porcellino salvadanaio monete

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Avec tous les cadeaux en argent qu’il a reçus de ses grands-parents au fil des ans, un adolescent de mon entourage s’est retrouvé avec un sacré motton. Tout ça se faisait un peu à l’insu de sa mère, qui a réalisé un jour que son fils avait des milliers de dollars cachés dans un tiroir de sa commode.   

Garder autant d’argent liquide à la maison n’est pas prudent ni pratique. Ce n’est que récemment que le garçon, maintenant âgé de 16 ans, a ouvert un compte dans une institution financière, un compte tout ce qu’il y a de commun avec une carte de débit, des taux d’intérêt microscopiques et des frais d’exploitation qui crèvent les yeux.   

En fin de compte, le jeune homme n’a rien perdu à laisser dormir son argent sous ses caleçons.  

Chiches avec les enfants  

Je ne sais pas si vous avez eu l’occasion de vous promener sur le site internet des institutions financières récemment, vous remarquerez qu’elles sont de plus en plus portées sur les conseils de finances personnelles, ce qui m’a toujours paru un peu hypocrite, leur personnel étant, de l’autre côté, mobilisé pour nous gaver de crédit.   

Elles ne tarissent pas de recommandations destinées aux parents pour que ceux-ci inculquent à leurs enfants de saines habitudes d’épargne.   

Un compte de banque pour sensibiliser les enfants aux vertus de l’épargne, cela va de soi. Ce serait bien aussi de leur expliquer l’effet des intérêts composés, de leur montrer comment l’argent se multiplie tout seul quand on a la sagesse et la patience de ne pas y toucher.  

Mais ne tentez pas de faire cette démonstration avec les comptes d’épargne destinés aux enfants, c’est impossible !   

Quand ils ne sont pas nuls (lire 0 %), les taux d’intérêt offerts par les comptes d’épargne destinés aux petits oscillent le plus souvent entre 0,01 % à 0,15 %, soit entre 10 cents et 1,5 $ par année par tranche de 1000 $.      

Il reste encore la caisse scolaire Desjardins dans un certain nombre d’écoles primaires. L’épargne des enfants peut alors fructifier au rythme d’un peu plus de 1 %, en sus de ristournes versées aux petits épargnants les plus assidus, des bonbons qui disparaissent malheureusement aux portes de l’école secondaire, à l’âge de 12 ans.  

La banque en ligne Tangerine se démarque cependant, et largement, avec un compte épargne pour enfants assorti d’un taux d’intérêt de 1,15 %. Le parent doit d’abord s’ouvrir un compte avant de le faire pour ses rejetons, de 16 ans ou moins.   

Le REEE, la meilleure option   

À moins que l’enfant ait un régime d’épargne-études (REEE) bien plein, c’est là que l’argent des grands-parents, des oncles et des tantes devrait aboutir. Le rendement, à la clé, s’élève à 30 % grâce aux subventions gouvernementales.  

L’argent déposé dans un REEE n’appartient pas à son bénéficiaire, l’enfant, mais au souscripteur, soit celui qui a ouvert le compte et qui y cotise. Seuls les subventions et les rendements du compte appartiennent en propre au jeune, lesquels lui seront versés au début de ses études postsecondaires.   

Donc, si l’enfant dépose de l’argent dans un REEE dont il est le bénéficiaire, mais non le souscripteur, il doit s’assurer qu’il pourra récupérer sa contribution à la fin du REEE.   

Les autres options  

Les parents peuvent ouvrir un compte à intérêt élevé à leur nom pour y déposer exclusivement l’épargne de leur enfant. Oui, les intérêts devront être ajoutés à la déclaration de revenu des parents. Généralement, ça ne représente pas des sommes faramineuses.   

Les parents qui détiennent un compte de courtage peuvent en ouvrir pour leur progéniture, lorsqu’elle s’approche de l’âge adulte. Ce peut être intéressant pour l’initier graduellement aux marchés boursiers, en n’y investissant qu’une partie du pécule, et dans des titres prudents.  

Elle a beau avoir la vie devant elle, donc un long horizon de placement, cette descendance aura rapidement besoin de son argent pour se tirer du nid. Donc, on l’investit prudemment.