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Le bilan du séisme en Turquie grimpe à 30 morts

AFP

Les secouristes luttaient contre la montre et le froid samedi pour extirper à temps des personnes coincées sous les décombres, au lendemain d'un puissant séisme qui a frappé l'est de la Turquie, faisant près de 30 morts.

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Le tremblement de terre, qui a été ressenti dans plusieurs pays voisins, s'est produit vendredi à 17h55 (heure locale) dans la province d'Elazig et a été mesuré à une magnitude de 6,7 par l'institut américain USGS.

En signe de solidarité avec les sinistrés, le président Recep Tayyip Erdogan s'est rendu à Elazig, dans le quartier de Mustafa Pasa, où deux immeubles résidentiels se sont effondrés, affirmant que l'État ferait «tout ce qui est en son pouvoir» pour aider les habitants.

Selon un nouveau bilan provisoire de l'agence gouvernementale des situations de catastrophe (AFAD), au moins 29 personnes ont été tuées et près de 1 500 blessées. En outre, 43 personnes ont été extraites en vie des décombres.

À Mustafa Pasa, quartier populaire d'Elazig aux rues poussiéreuses, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées samedi, observant les secouristes dans l'odeur âcre émanant de braseros de fortune.

«Trois de mes proches sont coincés dans les décombres. Que Dieu nous vienne en aide. Nous ne pouvons rien faire, sauf prier», confie Mustafa, qui habite le quartier.

«J'étais chez moi pendant le séisme. C'était tellement long !», raconte-t-il. «Ma femme et mes deux enfants criaient. Moi, j'étais incapable de bouger», ajoute-t-il.

Juchés sur l'amas de béton plié et de poutres fracassées de l'un des deux immeubles de quatre étages écroulés à Mustafa Pasa, des secouristes ont minutieusement déblayé les gravats pendant des heures, un seau après l'autre.

Leur travail de fourmi a été récompensé par la découverte de quatre rescapés. Mais, à trois reprises, ils n'ont pu que récupérer des corps sans vie, dont celui d'un nourrisson.

Postée devant une supérette non loin de là, Hayriye Durmaz, 32 ans, dit avoir vu les deux bâtiments s'affaisser.

«C'est comme si la fin du monde était arrivée», dit-elle en se frottant les mains pour les réchauffer. «Les voitures s'arrêtaient, les gens en descendaient et récitaient des prières».

Elle est interrompue par une ambulance quittant la scène, sirènes hurlantes.

Plusieurs immeubles alentour, fissurés par la secousse, ont été évacués par précaution. Après avoir retiré sa casquette traditionnelle à huit bords, un homme âgé demande à un jeune policier s'il peut monter récupérer quelques effets. Requête refusée.

Fatih Cakmak, 34 ans, était employé d'une épicerie se trouvant au rez-de-chaussée d'un des immeubles écroulés. Il a fermé la boutique moins d'une heure avant la secousse.

Lorsque la terre a tremblé, il est sorti de chez lui en vitesse et s'est réfugié sous une voiture.

«Je n'ai pensé à rien d'autre qu'à la mort», souffle-t-il. «J'ai eu très peur, ça ne peut pas s'expliquer».

2 000 secouristes dépêchés

Selon la présidence turque, environ 2 000 secouristes ont été dépêchés dans la province d'Elazig et celle voisine de Malatya, elle aussi durement touchée.

Des gymnases, des écoles et des bibliothèques ont ouvert leurs portes pour accueillir les personnes ayant fui leurs maisons après le séisme.

Immédiatement après le tremblement de terre vendredi, des internautes s'en sont pris au «laxisme» des autorités en matière de normes antisismiques, une accusation que rejette le gouvernement de Recep Tayyip Erdogan.

Samedi, le bureau du procureur d'Ankara a annoncé l'ouverture d'une enquête visant les auteurs de «provocations» sur les réseaux sociaux.

La ville d'Elazig, dont l'agglomération compte quelque 350 000 habitants, dont une importante communauté kurde, est régulièrement secouée par des tremblements de terre.

La Turquie est située dans une des zones sismiques les plus actives du monde. En 1999, un séisme de magnitude 7,4 avait frappé le nord-ouest du pays, faisant plus de 17 000 morts, dont un millier à Istanbul.

Le dernier puissant séisme à frapper la Turquie (7,1 sur l'échelle de Richter) s'était produit en 2011 dans la province de Van (est), faisant plus de 600 morts.

En septembre, un séisme de magnitude 5,7 avait touché Istanbul, la capitale économique du pays.

Les experts estiment qu'un tremblement de terre majeur peut à tout moment toucher cette ville de plus de 15 millions d'habitants, où l'habitat, souvent anarchique, n'est que rarement aux normes antisismiques.