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Le sexe fait toujours autant vendre, mais les goûts changent

Étienne Paré | Agence QMI

ÉTIENNE PARÉ/AGENCE QMI

Le sexe est à l'honneur cette fin de semaine au Salon Taboo de Montréal et, comme chaque année, les boutiques de jouets érotiques en ont profité pour présenter les dernières tendances.

S'il faut en croire les commerçants, la mode est aux produits de succion, comme le «Womanizer», le «Fantasy for her» ou encore le «Melt» de We-Vibe, qui peut être déclenché à distance via le Bluetooth.

En fait, ces produits ont complètement surclassé le traditionnel vibromasseur dans les dernières années.

«Quand les femmes ont goûté à la succion, elles sont pas mal moins intéressées par la vibration. Le célèbre dauphin, on n’en vend presque plus», a noté Marie-Pier Matton, gérante de Vices et Caprices, qui a pignon sur rue à Blainville, dans les Laurentides.

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Cédrik Brisson, propriétaire de la boutique en ligne Plaisirs Etc, en arrive au même constat.

«Souvent avec la vibration, après un certain nombre de minutes, on devient engourdi et on finit par avoir moins de sensations», a-t-il expliqué sur un ton des plus naturels.

De plus en plus de produits pour hommes

Chez Plaisir Etc, la clientèle féminine représente toujours le gros du chiffre d’affaires. Les «sex shops» ont longtemps été boudés par les hommes hétérosexuels, souvent gênés pour magasiner seuls.

Mais aujourd’hui, les choses changent tranquillement. «On a de plus en plus de masturbateurs et de cock ring. Il y a trois ans au salon, on en avait trois modèles. Cette fin de semaine, on en a plus d’une vingtaine», a illustré Cédrik Brisson, qui insiste sur les mérites du «cock ring», cet anneau qu’on insère autour du sexe masculin, permettant de maintenir l’érection et de retarder l’éjaculation.

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Des hauts et des bas

D’autres tabous sont en train de sauter, observe-t-on. Par exemple, les produits qui ont trait au sexe anal n’ont jamais été aussi populaires.

«Je m’en fais beaucoup parler dans les démonstrations. Les femmes veulent expérimenter, mais ont peur, car leur conjoint est trop bien membré. Les plugs anales et les chapelets, ça peut donc être une bonne façon d’essayer», a raconté Marie-Pier Matton.

À l’inverse, les ventes de menottes, fouets, cravaches et autres articles conçus pour le sadomasochisme sont en baisse, signe que le phénomène qui avait suivi la sortie du film «50 nuances de Grey» s'essouffle.

«Ça a baissé, mais pour ceux qui aiment ça d’emblée, ça va toujours rester. Je vais toujours m’en faire demander», a-t-elle nuancé.

Le Salon Taboo de Montréal se poursuit dimanche à la Place Bonaventure.