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Manifestation contre l'implantation du 5G à Montréal

Étienne Paré | Agence QMI

Environ 200 personnes ont manifesté samedi après-midi à Montréal contre l'implantation du réseau 5G, convaincues que cette technologie aura des impacts néfastes sur la santé et sur l’environnement. La communauté scientifique, elle, reste divisée sur le sujet. 

D’un côté, une partie des experts donnent raison aux opposants du 5G, qui sont descendus dans les rues dans 36 pays, samedi. 

Ils craignent notamment que le nouveau réseau cellulaire, qui devrait remplacer progressivement le 4G dans les prochains mois au pays, soit cancérigène. 

Santé Canada peu préoccupé 

Face à eux, d’autres scientifiques assurent que le 5G, qui promet d’être 100 fois plus rapide que la présente génération, ne pose aucun risque pour la santé humaine. 

C’est actuellement la position défendue par Santé Canada. Dans un courriel adressé à l’Agence QMI, l’organisme fédéral a réitéré que le 5G libèrera moins de radiofréquence que le seuil recommandé par les autorités canadiennes. 

«Santé Canada continue d’analyser activement les ouvrages scientifiques sur l’exposition aux rayonnements de radiofréquence», a poursuivi la porte-parole Anna Maddison, par écrit. 

Or, pour Jean Hudon, l’organisateur de la manifestation de samedi à Montréal, la limite fixée par Santé Canada ne correspond tout simplement pas au réel niveau de tolérance humaine. 

«Le barème est tellement élevé que c’est sûr qu’aucune technologie ne va se rendre jusque-là. La norme est totalement arbitraire. C’est comme si je dis, tu peux rouler à 100 milles à l’heure sur l’autoroute et qu’il n’y a pas de danger», a illustré le fondateur du groupe «Stoppons la 5G - Vivons sans danG». 

Moratoire exigé 

M. Hudon demande maintenant au gouvernement fédéral de «mettre leurs culottes» devant les entreprises de câblodistribution et d’imposer un moratoire sur l’aménagement du réseau. 

Pour mettre la pression sur les pouvoirs publics, les opposants au 5G espèrent que plusieurs municipalités se joindront au mouvement. 

Il y a quelques semaines, la Ville de Sutton, en Estrie, a pris position contre l’implantation de cette technologie. 

C’est entre autres la construction d’une nouvelle antenne de cellulaire dans la municipalité qui avait amené des citoyens à se mobiliser. 

Plus d’antennes 

Pour être efficace, le 5G nécessitera l’installation de plusieurs nouvelles antennes sur le territoire. Cela devrait entre autres permettre la mise en fonction à moyen terme de l’auto sans conducteur. 

«Il va falloir déployer entre 40 000 et 50 000 antennes à Montréal. Ça veut dire qu’il va y avoir des antennes aux cent mètres et le risque d’exposition est donc beaucoup plus fort», a ajouté Jean Hudon. 

Cette exposition risque aussi de déranger plusieurs espèces animales, les oiseaux et les abeilles entre autres, a-t-il fait savoir, citant plusieurs études scientifiques sur le sujet.

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