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Meurtre à Sainte-Foy: «C’est comme faire rentrer un loup dans la bergerie»

Diane Tremblay | Journal de Québec

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MARC VALLIéRES/AGENCE QMI

La propriétaire du salon de massage érotique Gentlemen Paradise, où travaillait la jeune femme de 22 ans qui a été assassinée mercredi, n’en revient pas que le présumé meurtrier ait pu bénéficier d’une « stratégie » de la part de la Commission des libérations conditionnelles pour rencontrer des femmes dans le but d’assouvir ses instincts sexuels.   

Eustachio Gallese, qui a été formellement accusé au palais de justice de Québec jeudi du meurtre de Marylène Lévesque, était en semi-liberté et profitait de conditions, comme celle « de rencontrer des femmes, mais seulement afin de répondre à ses besoins sexuels ».    

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La propriétaire et les employés du salon de massage érotique Gentlemen Paradise, de Québec, sont sous le choc.

Photo Jean-François Desgagnés

La propriétaire et les employés du salon de massage érotique Gentlemen Paradise, de Québec, sont sous le choc.

« C’est comme faire rentrer un loup dans la bergerie. On a donné l’autorisation à un meurtrier de venir “se vider” en assouvissant ses besoins sexuels, alors que personne nous a dit qu’il était dangereux », dénonce vivement la propriétaire de l’établissement. La jeune victime y travaillait depuis quelques années.    

La victime, Marylène Lévesque, était âgée de 22 ans.

Photo Facebook

La victime, Marylène Lévesque, était âgée de 22 ans.

Gallese et Marylène Lévesque s’étaient donné rendez-vous à l’hôtel Sépia de Québec, mercredi. Pour une raison encore inconnue, les choses ont mal tourné et le corps de la jeune femme a été découvert par la police après que le suspect se soit lui-même livré aux autorités.    

En 2004, il avait assassiné froidement sa conjointe, Chantale Deschesnes, et avait écopé d’une peine à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle avant 15 ans.    

Le détenu bénéficiait d’une semi-liberté depuis mars 2019, lui permettant d’habiter dans une maison de transition.    

L’accusé Eustachio Gallese profitait d’une stratégie élaborée par son agente de libération conditionnelle.

Photo Agence QMI, Marc Vallières 

L’accusé Eustachio Gallese profitait d’une stratégie élaborée par son agente de libération conditionnelle.

En deuil  

« On est en deuil. On est sous le choc, mais on est aussi en tab... ! Ce n’est pas à nous de faire de la réinsertion. Cette situation-là est choquante, car on aurait très bien pu éviter un meurtre. Elle serait vivante s’il n’avait pas été libéré. Il n’aurait pas dû avoir ce droit-là. Ils ont alimenté sa maladie mentale. Nous, on n’a pas l’information sur les antécédents des gens, mais eux, ils le savaient et ils ne nous l’ont pas dit », déplore-t-elle.    

Bien que le salon n’encourage pas les masseuses à voir des clients à l’extérieur du cadre de leur travail pour des raisons de sécurité, la propriétaire ne pouvait pas empêcher Marylène Lévesque de le faire.     

« J’aimerais ça qu’on parle de Marie comme étant autre chose qu’un objet. On parle d’un humain. C’est une personne qui avait 22 ans. C’est une enfant. Elle était remplie de projets et d’amour. C’est une personne qui est allée à l’école et qui avait de l’ambition. Elle avait d’autres aspirations », a témoigné la propriétaire du salon.    

Un habitué des salons  

Selon elle, Eustachio Gallese était un habitué des salons de massage. Certaines employées le surnommaient même « le bel Italien ».    

« On est carrément devant un psychopathe. Il était fin. Il était poli. Il amenait du chocolat, des bijoux. Ça fait un an et demi que tout le monde ici court [le risque] de se faire poignarder. C’est un manipulateur », a-t-elle ajouté.    

Des réactions  

Sonia Lebel

Photo Agence QMI, Simon Clark

« Les libérations conditionnelles doivent prendre en compte les principes de [la] réinsertion sociale, mais ils ont comme principe prépondérant, d’abord et avant tout, la sécurité de nos citoyens et la sécurité des gens. »   

— Sonia LeBel, ministre de la Justice du Québec    


  

Nicole Gibeault

Photo Martin Alarie

« Ce cas-là va ébranler la Commission des libérations conditionnelles. Ils ont fait leur travail. Le problème, c’est que ce n’est pas nécessairement les commissaires qui l’échappent, mais on a un système qui est peut-être trop permissif pour ce genre de criminel. »   

— Nicole Gibeault, juge à la retraite     

  

Pierre-Hugues Boisvenu

Capture d'écran

« C’est carrément lui avoir donné des outils pour récidiver. [...] Beaucoup de commissaires n’ont pas la compétence pour analyser ce type de dossier là. Il y a des déficiences marquées par rapport à cela. »   

— Pierre-Hugues Boisvenu, sénateur    


  

meurtre

Photo Jean-François Desgagnés

« Ça ne marche pas. Dès la semaine prochaine, je vais demander au comité sur la sécurité publique de faire une enquête là-dessus rapidement. Je m’attends à soulever le point à la Chambre des communes. Ça n’a pas de sens. »   

— Pierre Paul-Hus, député conservateur de Charlesbourg–Haute-Saint-Charles    

— Avec la collaboration de l’Agence QMI