/news/culture

«The Last Full Measure»: que reste-t-il d’un soldat?

Isabelle Hontebeyrie | Agence QMI

Écrit et réalisé par Todd Robinson («Phantom»), le long métrage «The Last Full Measure» raconte l’histoire vraie d’un parachutiste durant la guerre du Vietnam.

La guerre du Vietnam semble, pour les Américains, un moyen tant d’exorciser plusieurs de leurs démons (le traitement discutable des vétérans, la défaite militaire, etc.) que de glorifier une vision idéalisée du sentiment patriotique (comme le sacrifice et la reconnaissance de ce sacrifice).

«The Last Full Measure» (littéralement, «la dernière pleine mesure», sous-entendu qu’un homme donne de lui-même avant de mourir) chronique les faits d’armes de William H. Pitsenbarger (Jeremy Irvine), parachutiste-secouriste de la Air Force. Héliporté en pleine zone de combat, il a sauvé pas moins de 60 soldats pour finalement y laisser sa peau le 11 avril 1966.

«The Last Full Measure» débute pourtant 32 ans plus tard, alors que Scott Huffman (Sebastian Stan), employé au Pentagone, reçoit Tully (William Hurt), ancien compagnon d’armes de Pitsenbarger qui se bat depuis des années pour que ce dernier reçoive une Medal of Honor à titre posthume. D’abord réticent en raison du temps que le dossier exigera, Huffman finit par se plonger dans son enquête sur les états du service du soldat et par y apprendre la vérité.

La distribution frappe dès les premiers instants du long métrage. Christopher Plummer tient le rôle du père du soldat, Diane Ladd de sa mère, Linus Roache celui d’un secrétaire d’État, LisaGay Hamilton est la secrétaire de Huffman et Amy Madigan la femme d’un vétéran. Les anciens soldats sont incarnés par Ed Harris, Samuel L. Jackson, John Savage (on peut y voir un émouvant clin d’œil à «Voyage au bout de l’enfer») ainsi que Peter Fonda dans son dernier rôle.

Si certains aspects de la personnalité de chacun des vétérans sont développés de manière sensible – la culpabilité du personnage de Samuel L. Jackson, par exemple –, le scénario de Todd Robinson donne parfois l’impression de trop en faire, tombant ainsi dans le cliché – le syndrome de stress post-traumatique, pour ne citer que cet aspect – et la propagande militaire.

Malgré ses faiblesses, «The Last Full Measure» pose et répond à d’importantes questions – comme ce qui perdure du sacrifice d’un soldat – tout en émouvant durablement le spectateur.

Note: 3,5 sur 5