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Le monde du sport inconsolable

Agence France-Presse

Michael Jordan sans voix, LeBron James en larmes, les condoléances de Donald Trump et Barack Obama: la mort du basketteur Kobe Bryant dans un écrasement d'hélicoptère a soulevé une vague d'émotion à la hauteur du talent de cette légende de la NBA.        

  

  

Quintuple champion NBA avec les Lakers, son club de toujours, Bryant est décédé dimanche dans le crash de son hélicoptère à Calabasas, dans le sud de la Californie, selon la maire de la ville et le gouverneur de la province, qui ont confirmé le décès quelques heures après son annonce par le site américain d'actualités sur les célébrités TMZ.        

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Âgée de 13 ans, Gianna Bryant, une des quatre filles de la star, a également perdu la vie dans cet écrasement qui a fait neuf victimes au total, a indiqué le maire de Los Angeles Eric Garcetti.        

«Il n'y a pas eu de survivant... Il y avait neuf personnes à bord de l'appareil», a déclaré Alex Villanueva, le shérif du comté de Los Angeles, lors d'un point presse.        

La cause de l'accident n'est pour l'heure pas connue. Le NTSB, l'agence américaine chargée de la sécurité dans les transports, a annoncé avoir dépêché une équipe de 18 personnes en Californie pour participer à l'enquête.        

Interrogée par l'AFP, la police de Los Angeles (LAPD) a indiqué que le manque de visibilité était tel que ses propres hélicoptères avaient été laissés au sol jusque dans l'après-midi, moment où le ciel s'est dégagé.        

«La situation météorologique ne répondait pas à nos normes minimales de vol», a dit le porte-parole du LAPD, Josh Rubenstein.      

  

  

 «En termes logistiques, c'est un vrai cauchemar, car le site du écrasement n'est pas facilement accessible», a reconnu Alex Villanueva, shérif du comté de LA, dépêché sur place.        

Il a notamment tenté de dissuader les fans qui voudraient se rendre sur place, alors que plusieurs personnes ont déjà convergé vers les collines de Calabasas provoquant des embouteillages, qui retardent l'arrivée de certains enquêteurs. «C'est un terrain très accidenté, très dangereux même en plein jour, et encore plus au milieu de la nuit», a-t-il averti.        

«C'est une terrible nouvelle!», a d'abord réagi le président américain Donald Trump dans un tweet, avant d'en écrire un autre: «Kobe Bryant, bien qu'il soit l'un des meilleurs joueurs de basket-ball de tous les temps, ne faisait que commencer dans la vie. Il aimait tellement sa famille et avait une telle passion pour l'avenir. La perte de sa fille, Gianna, rend ce moment encore plus dévastateur».     

  

  

Quelques minutes plus tard, son prédécesseur à la Maison-Blanche Barack Obama, grand amateur de basket, a salué sur le même canal une «légende» des parquets avant d'envoyer ses «prières» à la famille endeuillée.        

  

  

«La famille NBA est dévastée», a réagi la Ligue nord-américaine de basket par la plume de son patron Adam Silver, au diapason des plus grandes vedettes du sport-roi aux États-Unis.        

 

 

«Je suis choqué d'apprendre la mort tragique de Kobe et Gianna. Les mots ne suffisent pas à décrire ma douleur», a tweeté Michael Jordan, autre star planétaire de la NBA qui considérait le défunt «comme un petit frère.        

«JE SUIS MALADE», a pour sa part tweeté Shaquille O'Neal, qui fut son équipier à Los Angeles au début des années 2000, avant de partir pour Miami, brouillé avec lui.  

 

  

Toute la famille Lakers, jusqu'à ceux qui trônaient avant lui au panthéon or et pourpre de la franchise, a réagi. «C'était le plus grand Laker de tous les temps», a estimé la légende Magic Johnson.        

«La plupart des gens se souviendront de Kobe comme d'un magnifique athlète qui a inspiré une génération de joueurs de basket. Mais je me souviendrai toujours de lui comme d'un homme qui était bien plus qu'un athlète», a dit, ému, Kareem Abdul Jabbar.        

«C'est un choc pour nous tous», a réagi auprès de l'AFP le pivot français de Utah Rudy Gobert, évoquant «une légende (...) quelqu'un qui a inspiré des millions de personnes, des millions de jeunes et qui continuera de le faire».        

«J'ai le coeur brisé par cette nouvelle, tu étais une vraie légende, et ami. Repose en paix» a écrit Tony Parker sur Twitter.        

Au-delà des mots, il y a aussi les images. Celles poignantes de LeBron James - qui ne s'est pas encore exprimé - ont fait le tour du monde. On le voit, enlacé par une personne, puis séchant ses larmes avec un mouchoir, sur le tarmac de l'aéroport de Los Angeles où il venait d'atterrir avec ses coéquipiers en provenance de Philadelphie, la ville de naissance de Bryant.        

La veille, «LBJ» a dépassé son glorieux aîné à la troisième place des meilleurs marqueurs de tous les temps en NBA. Un exploit que Bryant, fair-play, n'avait pas hésité à saluer. «Continue de faire avancer le jeu "King James". Beaucoup de respect mon frère», avait tweeté le «Black Mamba».        

  

  

Même au delà du monde du basket, beaucoup de sportifs ont rendu hommage au champion américain. Ainsi le tennisman australien Nick Kyrgios s'est présenté vêtu du maillot des Lakers frappé du N.8 de Bryant, lundi lors de son huitième de finale de l'Open d'Australie contre Rafael Nadal. 

 

AFP

 

«Il m'a fallu des heures pour trouver quoi écrire et mes mots ne suffiront pourtant jamais à décrire ce que je ressens après la disparition tragique de Kobe», a partagé lundi matin sur Instagram l'ancien footballeur anglais David Beckham, qui assistait régulièrement aux matches des Lakers lorsqu'il évoluait dans le championnat nord-américain. 

 

 

«Kobe était vraiment plus grand que nature, une légende. Que lui et tous ceux qui ont perdu la vie reposent en paix. Amour et condoléances à sa famille. L.A. ne sera plus jamais la même», a tweeté la star Leonardo DiCaprio. 

 

 

Au Staples Center, lieu des exploits de Bryant, où ont afflué dans la journée de nombreux fans, se déroulait en soirée le gala des Grammy Awards. «Ce soir, c'est pour Kobe», a lancé la chanteuse Lizzo, grande favorite avec huit nominations, en ouvrant la cérémonie.  

 

AFP

 

Après concertation entre joueurs, franchises et la NBA, toutes les rencontres de dimanche ont été maintenues. À Atlanta et San Antonio, les joueurs n'ont volontairement pas joué pendant les 24 premières secondes, en hommage au numéro de son dernier maillot. À Denver, une minute de silence a été respectée, mais ce sont d'innombrables «Kobe, Kobe» scandés par le public qui se sont fait entendre.        

Sur les réseaux sociaux, le tsunami d'émotions se prolongeait de toutes parts, effaçant les critiques sur son individualisme et son arrogance qui ont jalonné sa carrière.        

«Black Mamba», joueur aussi génial que gourmand ballon en mains, était l'un des sept joueurs à avoir inscrit plus de 30 000 points durant sa carrière.        

Sur le plan financier également, sa carrière a été exceptionnelle: égérie de Nike, qui l'avait soutenu malgré une accusation de viol en 2003 soldée par un accord loin des tribunaux, Bryant, joueur le mieux payé de la planète, a accumulé pas moins de 323,3 millions de dollars de salaire, dont 25 millions lors de sa dernière saison.        

Le décès de Bryant, qui a également glané deux médailles d'or olympiques en 2008 et 2012 avec Team USA, intervient 25 jours après la mort de David Stern, l'ancien «commissionner» de la NBA qui l'avait fait prospérer et devenir une marque mondiale.        

Et qui avait compris que le basket américain deviendrait populaire comme jamais, grâce à des génies comme Kobe.       

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