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Les possibles raisons derrière l’écrasement de l'hélicoptère

TVA Nouvelles

S’il est encore trop tôt pour déterminer les causes exactes qui ont mené à l’écrasement de l’hélicoptère à bord duquel se trouvaient Kobe Bryant, sa fille et sept autres personnes, plusieurs facteurs observés pourraient avoir contribué à la fin tragique que l’on connaît.      

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L’hélicoptère Sikorsky S-76B de Kobe Bryant a décollé un peu après 9 h de l’aéroport John Wayne, qui se trouve près de la côte californienne, à environ 56 kilomètres au sud du centre-ville de Los Angeles. Les passagers devaient se rendre à une partie de basketball au Mamba Sports Academy situé à Thousand Oaks, environ 112 kilomètres au nord-est du décollage.      

L'hélicoptère s’est toutefois écrasé peu avant 10h alors qu'un épais brouillard enveloppait la région. La police de Los Angeles (LAPD) a indiqué que le manque de visibilité était tel que ses propres hélicoptères avaient été laissés au sol en matinée.      

Selon les premiers éléments de l'enquête relayés par les médias américains, les données de vol font état de difficultés apparues alors que l'engin survolait le zoo de Los Angeles.      

Le pilote aurait alors été averti qu'il volait trop bas. Quelques minutes plus tard, l'hélicoptère a semble-t-il heurté une colline haute d'environ 520 mètres, avant de prendre feu.      

Autorités et experts semblent pour l'heure privilégier la piste météorologique plutôt que d'éventuels problèmes mécaniques.      

Cocktail fatal?      

Selon Paul Cline, un expert en aviation interrogé par le New York Magazine, plusieurs facteurs qui ont déjà contribué à des écrasements d’hélicoptères par le passé étaient réunis.      

Il explique que le pilote volait selon les règles de vol à vue (VFR, de l’anglais visual flight rules), ce qui signifie qu’il se basait sur sa capacité à voir le sol sous lui et à voler sous les nuages. Il aurait pu entrer en contact avec les autorités aériennes afin de passer aux règles de vol aux instruments (IFR, de l’anglais instrument flight rules), ce qui lui aurait permis de grimper en altitude et de voler dans les nuages en se laissant guider par les contrôleurs aériens.      

Or, pour passer en mode IFR, un pilote doit être patient, particulièrement dans l’espace aérien extrêmement occupé de la région de Los Angeles.      

«[Les contrôleurs] peuvent bien vous dire d’attendre une heure, explique Paul Cline. Vous n’êtes qu’une autre personne dans la file d’attente et ça ne change rien que vous soyez Kobe Bryant.»      

L’hélicoptère a donc continué son vol selon le mode VFR, à basse altitude. Après avoir franchi la majeure partie de son itinéraire sans embûche, le pilote a dû patienter avant son arrivée près de l’aéroport de Burbank, où l’on doit obtenir l’aval des autorités aériennes avant de s’engager. Après 11 minutes d’attente, l’hélicoptère a finalement pu poursuivre sa route en contournant la vallée de San Fernando.      

Scénario de l’écrasement      

Vers 9 h 42, alors que le trajet était presque terminé, d’importantes complications sont cependant apparues.      

Pour la première fois depuis son décollage, l’hélicoptère ne survolait plus la dense population de Los Angeles, mais plutôt un terrain en collines qui montait en altitude. Pire, une forme en canyon a tendance à condenser le brouillard dans cette région, rendant la visibilité encore plus limitée. Alors que l’hélicoptère s’approchait de Calabasas, il ne se trouvait plus qu’à 500 pieds au-dessus du sol.       

  

  

Tentant visiblement de se distancer des collines, le pilote a amorcé une rapide ascension, gagnant près de 100 pieds en 36 secondes. Cette montée aurait placé le pilote tout près du plafond de nuages alors rapporté à cet endroit.      

Si le pilote a franchi cette ligne invisible alors qu’il était en VFR, alors il est entré dans ce que les enquêteurs appellent comme un vol continu en mode VFR dans des conditions météorologiques requérant un mode IFR. En d’autres mots, le pilote qui doit voir le sol pour s’orienter ne le voit plus et la perte de repères peut alors être rapide et fatale.      

«Lorsque vous entrez dans la soupe, vos sens ne fonctionnent plus, explique Cline. Personnellement, j’ai toujours l’impression de tomber vers la droite. D’autres peuvent avoir l’impression de tomber vers la gauche ou même d’être en ascension.»      

Un pilote expérimenté peut s’en sortir en se fiant aux indications sur son tableau de bord, mais celui de Kobe Bryant avait un autre problème : il savait que les collines devant lui continuaient de monter en altitude et qu’il n’était plus en mesure de les apercevoir. Pour éviter de frapper le sol, le pilote aurait pu continuer de prendre de l’altitude pour essayer de grimper plus rapidement que les collines. Il aurait aussi pu ralentir et amorcer une descente verticale jusqu’à sortir des nuages pour retrouver ses repères.      

Selon les données disponibles, le pilote semble plutôt avoir choisi une troisième option, soit celle de piquer vers la gauche et d’amorcer une descente. Pourquoi? Impossible de savoir ce qui a pu passer par la tête du pilote alors qu’il avait vraisemblablement perdu tout sens de l’orientation.      

Seulement 18 secondes après avoir amorcé son virage brusque vers la gauche, l’hélicoptère avait perdu 800 pieds en altitude. Le problème, c’est que les collines montaient autant devant l’hélicoptère que sur les côtés. Le Sikorsky S-76B a frappé le sol à une vitesse de près de 275 km/h, ne laissant aucun survivant.      

  

AFP

  

Il ne s’agit que d’une hypothèse élaborée à partir des informations disponibles actuellement. L'agence américaine chargée de la sécurité dans les transports (NTSB) a annoncé avoir dépêché une équipe de 18 personnes en Californie pour participer à l'enquête aux côtés du régulateur américain de l'aviation, la FAA.      

Reste que selon plusieurs experts, les risques de défaillance technique sont extrêmement faibles.      

«La probabilité d'une grave défaillance des deux moteurs de cet engin est quasi nulle», a confié au Los Angeles Times un ancien pilote de la compagnie Island Express, Kurt Deetz, qui a transporté à plusieurs reprises Kobe Bryant, un «grand professionnel».     

- Avec l'Agence France-Presse

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