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Un million d’armes enregistrées, aucun constat d'infraction

Amélie St-Yves - Le Journal de Montréal

Silhouette of the hunter with the shot gun on a sunset background

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Ce n’est pas parce que plus d’un million de fusils ont été inscrits au nouveau registre québécois des armes à feu que les chasseurs ont cessé de grogner. Certains le boycottent toujours et le gouvernement se dit maintenant prêt à sévir.

Mercredi dernier, il y avait 1 056 714 inscriptions au Fichier d’immatriculation des armes à feu, selon la Sécurité publique.

« On est très satisfaits de ce nombre d’armes enregistrées », a souligné Jean-François Del Torchio, directeur des communications de la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault. 

Il y aurait environ 1,6 million d’armes à feu en circulation au Québec, d’après le gouvernement, ce qui signifierait que les deux tiers sont désormais conformes.

Par ailleurs, aucun constat d’infraction en vertu de la Loi sur l’immatriculation des armes à feu n’avait encore été donné en date de vendredi, selon le Directeur des poursuites criminelles et pénales.

Cela s’explique par le fait que les agents de protection de la faune ont acquis le droit d’imposer ces constats seulement le 1er décembre dernier, après la saison de la chasse, a précisé M. Del Torchio. 

Il souligne que la période de grâce sera terminée dès l’ouverture de la prochaine saison de chasse, au printemps.

« Les gens ne peuvent pas prendre ça à la légère. La loi est en vigueur en ce moment », a-t-il insisté.

Boycottage

La majorité des chasseurs rencontrés samedi, au Salon national de la pourvoirie chasse et pêche qui s’est tenu à Laval, le week-end dernier, ont effectivement enregistré leurs armes, mais ils ne sont pas plus d’accord avec le registre.

« Plusieurs boycottent encore, et c’est bien correct comme ça », a souligné le promoteur de l’événement, Gaétan Mondoux.

Les chasseurs récalcitrants attendent de pied ferme les premiers constats d’infraction, qui varieront de 500 à 5000 $.

« Je vais la contester. Je vais aller le plus loin que je peux avec ça », mentionne Raymond Normand, de Terrebonne, qui n’a pas enregistré ses six armes à feu.

Plusieurs chasseurs entrés dans le rang doutent quand même de l’efficacité de la démarche.

« Est-ce que ça va apporter quelque chose réellement ? L’avenir nous le dira, mais je ne crois pas », a mentionné Tony Collard, de Saint-Alexis-des-Monts, en Mauricie.

C’est le temps de Sévir

La coordonnatrice de Polysesouvient (en l’honneur des 14 femmes abattues à l’École Polytechnique de Montréal en 1989), Heidi Rathjen, estime pour sa part qu’il est temps de sévir.

« La lenteur de la mise en œuvre est extrêmement problématique, et probablement pas nécessaire. C’est un peu regrettable de voir à quel point le gouvernement se plie en quatre pour ne pas offusquer les propriétaires d’armes à feu, alors que ce n’est pas le cas pour le reste des citoyens qui sont tenus de respecter les lois », a-t-elle souligné au Journal.

Pour sa part, le porte-parole du collectif « Tous contre un registre québécois des armes à feu », Guy Morin, déplore que ça nuise à la chasse, qui est déjà en baisse de popularité.

« S’ils veulent vraiment l’appliquer au printemps, il va y avoir encore une autre baisse », se désole-t-il.

** Malgré une baisse de prix, les nombres de permis de chasse au petit gibier et ceux de pêche sont passés de 517 939 à 505 442 en 2019, selon les données préliminaires rendues publiques la semaine dernière.

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