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Condamné à la prison à vie pour avoir tué son agresseur

Nicolas Saillant | Journal de Québec

Le meurtre de Mathias Breton, tué par le jeune homme qu’il a agressé à plusieurs reprises, n’est «pas excusable, mais explicable» selon le juge.    

Ceci n’a pas empêché le juge Serge Francoeur de condamner Yan Dugas, 18 ans de Québec, à une peine de prison à perpétuité sans possibilité de libération avant 12 ans. Le magistrat a tout de même été touché par le meurtrier, pour qui il a eu de bons mots avant de confirmer la proposition commune des avocats.    

Contexte d’agressions sexuelles    

Ayant eu une enfance difficile, Yan Dugas a été agressé sexuellement dès l’âge de 11 ans par un entraineur de soccer. Ce traumatisme a fait basculer le jeune homme qui commet ensuite des délits pendant son enfance. Alors qu’il a 17 ans, Dugas rencontre Mathias Breton qui l’invite chez lui.    

Sa résidence est un endroit où plusieurs personnes se réfugient pour consommer de la drogue et avoir des relations sexuelles. Dugas affirme avoir été agressé sexuellement à plusieurs reprises par l’homme de 73 ans dans les mois précédant le meurtre.     

L’adolescent dépose même une plainte à la police de Québec contre Breton. Une plainte qui n’a jamais mené à des accusations. Le 7 octobre 2016, lorsque le jeune homme croise par hasard Mathias Breton dans le quartier Limoilou, l’accusé avoue être «devenu fou».     

Vengeance    

Dans l’intention de se venger, Dugas accepte l’invitation de sa victime de se rendre chez lui. Après avoir fumé une cigarette, le jeune homme propose à sa victime une relation sexuelle.    

C’est dans la chambre du septuagénaire que le jeune homme a sorti un couteau pour le poignarder, au foie, à une seule reprise. Mathias Breton, qui était un orphelin de Duplessis ayant une légère déficience intellectuelle est décédé sur le coup.     

La balle dans son camp    

En acceptant le plaidoyer de culpabilité et la peine de 12 ans sans possibilité de libération conditionnelle, le juge Francoeur a montré beaucoup d’empathie à l’endroit de l’accusé. «Je pourrais comprendre le déclic qu’il y a eu chez vous», a dit le juge.    

«Aujourd’hui, c’est le premier jour de la chance que vous avez de redevenir un actif pour la société», a-t-il ajouté en le regardant. «J’ai cru en vous et je crois en vous, a-t-il ajouté, vous allez réussir».    

L’avocat de Yan Dugas a tenu à dire qu’un plaidoyer de culpabilité pour une accusation de meurtre au deuxième degré était un geste important pour un jeune de 18 ans. C’est à son client de reprendre le droit chemin pour mériter sa libération conditionnelle dans 12 ans. «La Commission nationale des libérations conditionnelles ce n’est pas un Rubber stamp», a dit Me Charles Levasseur.  

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