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Des courriers «menaçants» envoyés à un témoin clé de l'affaire Grégory

Agence France-Presse

Une enquête a été ouverte après une plainte de Murielle Bolle, témoin au coeur de l'enquête sur l'assassinat du «petit Grégory» en 1984, pour des «courriers menaçants» reçus fin 2019 au moment de la diffusion par Netflix d'une série sur l'affaire, a indiqué mardi le parquet.

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Murielle Bolle, 50 ans, qui vit toujours dans les Vosges, région de l'est de la France où s'est produit le drame, a déposé une plainte le 21 décembre après avoir reçu «quatre courriers» comportant «notamment des propos menaçants», détaille dans un communiqué le procureur d'Épinal, Nicolas Heitz.

«Il était également dessiné dans une des deux lettres un réveil et écrit sur deux d'entre elles "Tic Tac" à plusieurs reprises», précise le procureur, qui a ouvert «une enquête préliminaire du chef de menaces de délits contre les personnes».  

«Tant qu'on va continuer à la harceler en reprenant les accusations dont l'enquête n'a pas démontré la pertinence, on sera dans cette situation», a dénoncé son avocat, Jean-Paul Teissonnière, en faisant référence à la diffusion fin 2019 d'une série documentaire sur Netflix et l'annonce récente par TF1 d'une adaptation en fiction de la mort du garçonnet, jamais élucidée.

Grégory Villemin, 4 ans, avait été retrouvé pieds et poings liés le 16 octobre 1984, dans une rivière. Alors âgée de 15 ans, Murielle avait accusé son beau-frère, Bernard Laroche, d'avoir enlevé le petit garçon, lors d'une garde à vue à la gendarmerie, puis devant le juge d'instruction, avant de se rétracter.

«C'est une combattante, quelqu'un de courageux donc elle fait face, mais elle s'inquiète», a souligné Me Teissonnière.

La justice a annulé la semaine dernière la garde à vue de l'adolescente ainsi que quelques pièces du dossier, mais pas des déclarations faites auparavant aux gendarmes, ni son interrogatoire ultérieur devant le juge.

Mme Bolle ainsi que le grand-oncle et la grand-tante de Grégory, les époux Jacob, soupçonnés d'avoir commis un «acte collectif», avaient été mis en examen en juin 2017. Les poursuites avaient été annulées en mai 2018 pour des questions de procédure.

Ce fait divers sur fond de haines familiales, qui avait bouleversé le pays, demeure l'un des dossiers les plus énigmatiques de l'histoire criminelle en France.