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Bill Blair défend la formation des commissaires de la Commission des libérations conditionnelles

Émilie Bergeron | Agence QMI

Le ministre fédéral de la Sécurité publique Bill Blair défend la compétence des employés de la Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC) après qu’un de ses ex-commissaires ait décrié le processus de nomination de l’organisation.  

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«Les gens qui travaillent à la commission font un travail remarquable et ils sont très dévoués. Ils reçoivent de la formation quant aux décisions qu’ils doivent prendre», a dit M. Blair à sa sortie d’une réunion du conseil des ministres, mardi.

Dave Blackburn, qui a été commissaire à la Commission des libérations conditionnelles il y a quelques années, estime qu’Ottawa a sa part de responsabilité dans les circonstances ayant mené au meurtre de la travailleuse du sexe Marylène Lévesque.

Dans une lettre ouverte publiée dans «Le Devoir» mardi, il soutient que ses ex-collègues et lui avaient signalé que des modifications apportées au processus de nomination et de renouvellement des commissaires de la CLCC en 2016 et 2017 avaient des répercussions importantes sur la formation et l’expérience des commissaires.

«Entre le printemps et l’été 2018, la presque totalité des commissaires d’expérience a été remplacée par d’autres sans expérience, par de nouveaux commissaires», a ajouté M. Backburn en entrevue à LCN.

Réagissant à ces propos, le ministre Blair a assuré que toutes les circonstances entourant la mort de Marylène Lévesque allaient être évaluées dans l’enquête qu’Ottawa a lancée.

«Une fois que nous aurons les faits devant nous, alors nous allons intervenir en fonction des faits», a-t-il ajouté tout en évitant de commenter davantage le processus de nomination de la CLCC.

Le suspect dans cette affaire, Eustachio Gallese, était en semi-liberté au moment des faits. L’homme de 51 ans avait été condamné, en 2004, pour le meurtre non prémédité de sa conjointe de l’époque.

Lundi, le fédéral a mandaté les présidents et commissaires de l’organisation fédérale de faire enquête sur cette tragédie.

Or, un avocat qui a aussi été commissaire à la CLCC croit que l’investigation devrait être menée à l’externe, de façon indépendante.

«Ça prend des personnes indépendantes, comme un juge à la retraite ou un ex-commissaire, par exemple», a dit Me Jean-Claude Boyer en entrevue avec notre Bureau parlementaire.

Le député conservateur de la région de Québec, Pierre Paul-Hus, réclame pour sa part une réunion d’urgence du comité parlementaire de la Sécurité publique.

«On a mis à la porte des commissaires qui étaient très expérimentés et on les a remplacés pour d’autres personnes qui avaient peu ou pas d’expérience. Donc, on se retrouve devant une question assez urgente parce qu’il y a peut-être d’autres cas actuellement de meurtriers qui ont été libérés dans le même genre de conditions», a-t-il dit.

- Avec Christopher Nardi, «Journal de Montréal»

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