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Sue Montgomery savait pour sa chef de cabinet

Yves Poirier | TVA Nouvelles

EXCLUSIF | Nouveau rebondissement dans l'affaire du harcèlement psychologique dans Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce, à Montréal.  

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On apprend que la mairesse de l'arrondissement, Sue Montgomery, était parfaitement au courant de la gravité de la situation concernant le comportement de sa chef de cabinet, Annalisa Harris, depuis le 6 décembre dernier.   

TVA Nouvelles a en effet obtenu via une demande d'accès à l'information toute la correspondance écrite entre Mme Montgomery et le bureau du contrôleur général de la Ville de Montréal qui a mené l'enquête sur le climat de travail.   

«Lors d'une rencontre tenue au bureau de Josée Lapointe, directrice du Service des ressources humaines, le 6 décembre 2019, Mme Roussel vous a exposé les démarches entreprises par son équipe et vous a fait part des conclusions des enquêteuses. (...) Sur l'aspect climat de travail, les enquêteuses ont conclu à des manquements importants et ont fait des recommandations à l'arrondissement.»  

«Selon nos informations, le rapport du contrôleur général lui a été lu intégralement dans le cadre de cette rencontre, il y a environ deux mois. La mairesse de l'arrondissement a pu poser toutes ses questions», ajoute-t-on.  

Sue Montgomery a quitté la rencontre  

Or, des sources ont confié à TVA Nouvelles que Sue Montgomery a quitté abruptement la rencontre du 6 décembre. On nous rapporte «qu'elle est partie en coup de vent», vraisemblablement irritée par le contenu des conclusions de l'enquête du contrôleur général. Ce dernier ne lui a pas remis son rapport parce qu'elle est mise en cause pour «aveuglement volontaire».  

Une 2e rencontre avec Montgomery  

Le 9 janvier 2020, Sue Montgomery a à nouveau été rencontrée concernant le harcèlement psychologique en milieu de travail à laquelle participait notamment le directeur général de la Ville, Serge Lamontagne.   

«Lors de cette rencontre, nous sommes revenus sur les conclusions des enquêtes et avons répondu à vos questions. Je vous ai confirmé que les rapports des enquêteuses s'appuyaient sur plusieurs témoignages concordants. (...) Des exemples de comportements inacceptables vous ont été donnés. Les enquêteuses ont référé à la jurisprudence applicable en la matière», peut-on lire dans la correspondance envoyée par le contrôleur général, Me Alain Bond, à Mme Montgomery.  

Malgré deux rencontres, celle du 6 décembre 2019 et l'autre du 9 janvier 2020, la mairesse de l'arrondissement réclamait quand même lundi sur différentes tribunes de voir la «preuve» avant de poser des gestes à l'égard de sa chef de cabinet qui a harcelé deux employés.   

Une commande politique  

En entrevue lundi à LCN, Sue Montgomery évoquait une commande politique du cabinet de Valérie Plante pour congédier sa chef de cabinet, soupçonnée de harcèlement.    

En entrevue avec le Journal de Montréal, elle niait toujours que sa chef de cabinet ait fait du harcèlement.    

«Demander à quelqu’un de faire son travail, ce n’est pas du harcèlement», a-t-elle dit, attaquant la crédibilité de l’enquête du contrôleur général, Alain Bond.    

Elle évoque plutôt que la direction générale de la Ville de Montréal «avait une entente» pour le départ du directeur de son arrondissement, Stéphane Plante [aucun lien de parenté avec la mairesse de Montréal], en échange du congédiement d’Annalisa Harris.    

«Le 10 janvier, j’ai été convoquée à une réunion. Le directeur général de la Ville m’a dit que l’enquête avait démontré que deux personnes devaient quitter l’arrondissement: Stéphane Plante et Annalisa Harris.»   

À ses yeux, il s’agit là d’une commande du cabinet de la mairesse Valérie Plante pour lui permettre de renvoyer le directeur d’arrondissement.    

«Le contrôleur général ne me demandait pas de congédier Mme Harris, ça vient de [Valérie] Plante», avance-t-elle.    

La mairesse nie   

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, assure qu’elle n’a pas exigé le congédiement de Mme Harris.    

«Il était clairement écrit que la personne visée ne devait plus être en contact avec des fonctionnaires. Mon cabinet a proposé à Mme Montgomery de relocaliser cette personne pour quelques mois à la permanence du parti, a relaté Mme Plante. Elle a demandé d’être dans mon cabinet, ce que j’ai catégoriquement refusé.»