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Ultimatum parlementaire de Québec solidaire?

Charles Lecavalier | Journal de Québec

La construction d’un troisième lien à Québec ou l’érection d’une usine de gaz naturel liquéfié au Saguenay vont empêcher le Québec d’atteindre ses cibles de réduction de GES et déclencheront l’ultimatum parlementaire de Québec solidaire.  

«C’est non acceptable pour nous, car ça augmenterait les gaz à effet de serre (GES). Il faut les diminuer», a lancé la co-porte-parole de Québec solidaire Manon Massé mardi à l’entrée du caucus présessionnel de son parti.  

Québec solidaire menace le gouvernement Legault d’un blocage législatif en octobre prochain en l’absence d’un plan concret pour couper les émissions de GES de la province de -50 % par rapport à 1990 d’ici 2030. Ce plan doit être validé par des experts, et l’exploitation et l’exploration gazière et pétrolière au Québec doivent être interdites.  

L’abandon de la construction d’un tunnel autoroutier entre Québec et Lévis et de GNL Québec ne font pas officiellement partie de cette liste d’épicerie, mais il est clair pour QS qu’il y aurait «contradiction insupportable». «Le plan, aussi beau soit-il, si on continue de mettre la pédale au plancher pour faire GNL Québec, il va y avoir un problème de cohérence et le gouvernement Legault va échouer son test de crédibilité», a expliqué le leader parlementaire Gabriel Nadeau-Dubois. Quant au troisième lien, il va créer de l’étalement urbain qui va générer des GES, a-t-il dit.  

C’est M. Nadeau-Dubois qui va piloter la stratégie de guérilla parlementaire pour bloquer le gouvernement caquiste. «Si le gouvernement ne remplit pas ces conditions, on va arrêter de collaborer. Ça veut dire qu’on va s’assurer que les projets de loi cheminent beaucoup plus lentement, que le travail quotidien du gouvernement va être beaucoup plus compliqué», a-t-il dit.  

Cet ultimatum est prévu pour le 1er octobre, mais pourrait être devancé. «La politique n’est pas quelque chose de statique. Dépendamment de ce qui a dans le plan, de ce qui n’est pas dans le plan, les choses pourraient changer», a dit M. Nadeau-Dubois.  

Ce dernier affirme qu’il s’agit de «conditions minimales». «On ne lui demande pas d’appliquer le programme de Québec solidaire», a-t-il dit. Or le plan présenté par QS lors des élections de 2018 prévoyait une cible de – 48 %.  

Les cibles de réduction actuelles du Québec sont de -37,5 % d’ici 2030. La province a raté sa cible de 2020, qui était de -20 %. Il n’est qu’à - 8,7 %. Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a toutefois demandé à l’automne des cibles plus ambitieuses pour éviter une crise climatique.  

Le gouvernement Legault doit présenter son plan environnemental ce printemps, et les détails de sa mise en œuvre à l’automne 2020.