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La machinerie bien entretenue, assure le fils du propriétaire de la Boucherie Huot

Kathleen Frenette | Journal de Québec

FD-ACCIDENT-BOUCHERIE

AURÉLIE GIRARD/AGENCE QMI

Bien que plusieurs employés aient confié au Tribunal depuis le début du procès que la machinerie utilisée par la Boucherie Huot entre 2014 et 2016 était parfois «non conforme», le fils du propriétaire est venu affirmer le contraire.

Depuis le mois de septembre 2014, Carl Huot est prestataire de la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), à la suite d’un accident de travail.

Toutefois, selon la preuve recueillie et le témoignage de plusieurs employés, l’homme de 37 ans continuait de venir à la boucherie de la Rive-Sud de façon «régulière» pour y effectuer l’entretien de la machinerie.

Une fois par mois

Invité à donner sa version au Tribunal, l’homme a plutôt dit qu’il y venait, à l’époque des évènements, une fois par mois «seulement pour porter son rapport de la CNESST».

«J’allais parfois voir mon père, je disais salut à mon monde, mais sans plus», a affirmé l’homme à la juge Annie Trudel.

Il a cependant expliqué qu’avant son accident, c’est lui qui faisait «l’entretien de base» sur la machinerie qui était «le trois-quarts du temps neuve».

«Pour les réparations majeures, je n’ai aucune connaissance de ça. Alors quand il y avait un problème, on avisait le contremaitre», a-t-il expliqué.

En novembre 2014, alors qu’il est en arrêt de travail depuis deux mois, il a entendu pour la première fois qu’une problématique avait été décelée avec le hachoir qui a aspiré le jeune Olivier Bouchard en novembre 2016.

«On m’a demandé de commander un relai pour réparer la machine, ce que j’ai fait à partir de chez moi et sur mon cellulaire», a-t-il dit lorsque questionné par son avocat, Me Rénald Beaudry 

Pièce défectueuse

En mars 2016, alors qu’il «passe» au bureau pour déposer son rapport de la CNESST, on l’avise, une fois de plus, que le relai du hachoir ne fonctionne plus. Après avoir avisé son père, l’homme a parlé à l’électricien qui lui a demandé de commander une nouvelle pièce, ce qu’il a fait.

Début mai, toujours en allant porter son rapport de CNESST, Carl Huot dit avoir vu la pièce, dans une boite, sur un bureau de la réception.

«Mon père m’a demandé d’aller la porter à l’électricien en main propre, mais ce dernier m’a avisé, quand il a voulu changer le morceau, que les fils de couleur ne correspondaient pas et qu’il fallait faire venir quelqu’un de plus compétent», a-t-il témoigné en ajoutant avoir entendu son père appeler un autre électricien.

Finalement, Carl Huot va réentendre parler du hachoir le jour où le jeune Bouchard s’est retrouvé coincé dans l’appareil.

Négligence criminelle

Rappelons que Bernard et Carl Huot font face à des accusations de négligence criminelle ayant causé de lésions corporelles. 

Les deux hommes font également face à une poursuite civile dans laquelle la jeune victime et ses parents réclament la somme de 300 000$ pour les préjudices subis.

Le procès se poursuit demain. 

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