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Mourir sans testament, une épreuve de plus pour vos proches

Daniel Germain | Journal de Montréal

Confidence : je ne suis pas parfait. Si je devais mourir soudainement étouffé à cause d’une feuille de laurier coincée dans ma gorge, la répartition de mes avoirs, prévue dans un testament notarié qui commence à dater, ne respecterait pas mes dernières volontés.  

Je ne dois pas être le seul. Quelque 45 % des adultes québécois n’ont pas de testament. Parmi ceux qui l’ont fait, je me demande quelle est la proportion qui a un document à jour.  

En ce qui me concerne, ce devoir est vaguement inscrit dans mon espace mental, une tâche que je ne cesse de repousser en prétextant que j’aurai bien le temps de m’en occuper lorsqu’on m’aura diagnostiqué un cancer.  

Chaque histoire de mort bête et accidentelle que rapportent les journaux résonne comme un rappel de contacter Denise, ma notaire. Il faut vraiment que je me déniaise.  

L’horreur, c’est pour les autres  

Décéder sans un testament peut laisser un souvenir aussi impérissable que cauchemardesque à ses proches survivants. Dans tous les cas, cela viendra compliquer le règlement de la succession, ce qui n’est déjà pas une tâche facile dans les meilleures conditions.  

Dans le cas des ménages où les parents ne sont pas mariés, ou encore dans les situations de famille recomposée, l’absence de testament peut déclencher une guerre de clans, ce qui n’est pas un climat idéal pour se remettre du départ d’un être cher.  

Imaginez les frères et sœurs de votre conjoint subitement décédé, des personnes que vous n’avez jamais pu blairer, devenir copropriétaires de votre maison. Ce pourrait aussi être les enfants issus d’une ancienne relation, ce qui n’est pas l’idéal.  

Deux conjoints de fait sont des étrangers aux yeux de la loi. Sans testament, au décès de l’un d’eux, les avoirs du défunt iront à sa famille immédiate. Comme on dit, « on ne choisit pas sa famille ». On peut cependant choisir ses héritiers.  

Un vieux testament qui ne reflète plus les changements de sa situation ou de celle de son entourage n’est guère mieux que pas de testament du tout.  

Trois types de testaments  

Le testament notarié  

Rédigé avec l’aide d’un notaire dans les règles de l’art, avec une copie conservée en sûreté. Le plus coûteux, mais de loin le plus fiable.  

Le testament olographe  

Rédigé à la main, c’est la version la plus simple et la moins coûteuse, mais la moindre ambiguïté ou maladresse dans le choix des mots ouvre la porte à la contestation. Il suffit d’une virgule mal placée.  

Le testament devant témoin  

Plus solide que l’option précédente, ce type de testament peut être fait avec un avocat. Comme le précédent, il risque d’être perdu ou détruit. Le choix du témoin est crucial, il ne doit pas figurer sur le testament.