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Aucune demande pour contourner le système de sécurité, dit l'ancien propriétaire

Kathleen Frenette | Journal de Québec

FD-ACCIDENT-BOUCHERIE

AURÉLIE GIRARD/AGENCE QMI

L’ancien propriétaire de la boucherie Huot, qui fait face à des accusations de négligence criminelle ayant causé des lésions corporelles au jeune Olivier Bouchard, en novembre 2014, n’a jamais demandé à son électricien de contourner le système de sécurité du hachoir. 

C’est ce que Bernard Huot, 69 ans, est venu affirmer, jeudi, devant la juge Annie Trudel qui entend l’affaire. 

En novembre 2014, l’homme avait été mis au fait qu’il y avait une problématique avec le hachoir à viande, mais sans plus. 

«Je ne lui ai jamais demandé ça. C’est complètement faux! Je ne savais même pas qu’on pouvait faire ça, un "back-pass". Il m’a dit qu’il allait le faire, mais ce n’était pas sur ma commande. Je pensais qu’il reviendrait le lendemain pour réparer ça», a dit l’homme pendant que, dans la salle, son fils Carl, lui aussi accusé de négligence criminelle, l’écoutait avec attention. 

Au surplus, l’homme a mentionné à la présidente du tribunal avoir laissé «beaucoup de pouvoir» au directeur des opérations qu’il a nommé en 2015, à la suite de sa «maladie». 

«Concernant la machinerie, il avait le pouvoir de faire des appels pour faire réparer les choses», a-t-il mentionné en précisant n’avoir jamais réentendu parler d’un problème concernant le hachoir. 

Une «saucette» de temps en temps 

Il faut dire que, selon le témoignage de l’homme, il se faisait de moins en moins présent dans l’entreprise qu’il gérait depuis 1974. 

En 2015, il a fait une dépression qui l’a tenu loin de l’entreprise, même s’il y faisait «une saucette de temps en temps». 

«Je prenais plusieurs mois de vacances en Floride à coup de quinze jours, l’automne, j’allais à la chasse puis, à la suite d’un diagnostic de cancer à l’été 2016, j’ai fait de la radiothérapie», a-t-il témoigné. 

Le 30 septembre 2016, la boucherie qui appartenait à la famille depuis trois générations a été vendue à Viandex, sans que l’homme soit mis au fait de la problématique avec le hachoir. 

«Jamais je n’aurais vendu [la boucherie] avec un appareil défectueux et non conforme. En plus, ça coûtait à peu près 300$ à faire réparer. Jamais je n’aurais été malveillant à ce point», a-t-il ajouté.

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