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L’ensemble du Québec composera encore avec la pénurie d’emploi

Agence QMI

JEAN-FRANCOIS DESGAGNES/JOURNAL

La rareté de la main-d’œuvre affectera encore la croissance économique de plusieurs régions du Québec en 2020, prévoit Desjardins. 

Dans son rapport «Survol des régions du Québec: à quoi s’attendre en 2020?», l’économiste Chantal Routhier du Mouvement Desjardins indique que la pénurie de la main-d’œuvre va continuer d’affecter l’économie des régions au cours de l’année, tout comme les guerres commerciales, la congestion routière et les préoccupations environnementales. 

Par exemple, elle table sur une baisse de la part de la population en âge de travailler, soit les 15 à 64 ans, au cours des prochaines années dans toutes les régions, ce qui aura une incidence dans la capacité à combler les départs à la retraite et pour la croissance des entreprises. 

En outre, la baisse des taux de chômage généralisée va se poursuivre en raison du vieillissement démographique ou de l’expansion du marché du travail. En 2020, le rapport table sur un taux de chômage de 6,8 % à Montréal, de 3,1 % dans la région de Québec et de 4,7 % pour l’ensemble de la province. 

L’étude indique que l’accroissement du revenu personnel disponible dans presque toutes les régions est une lueur d’espoir tout comme les efforts de diversification et d’investissement. 

«Dans un contexte où la population active s’affaiblit dans les régions du Québec, l’économie doit pouvoir s’appuyer sur des gains de productivité pour maintenir sa croissance», a précisé l’économiste. 

«L’intégration des technologies numériques et l’adaptabilité des chaînes de production sont incontournables pour que les entreprises demeurent compétitives et conservent leurs parts de marché», a-t-elle poursuivi. 

Dans les régions urbaines du Grand Montréal, l’étude table sur une croissance démographique qui reste parmi les plus vigoureuses. 

«L’expansion des industries de la science et de la haute technologie (innovation) se poursuit et la présence de grands chantiers, notamment le [Réseau express métropolitain (REM)], sont autant de facteurs qui continueront à stimuler leur croissance économique», a-t-on précisé. 

Le rapport note cependant quelques défis pour la croissance économique, comme la bonification de l’offre de service et d’infrastructure adéquate. 

Dans les régions des capitales (Capitale-Nationale et Outaouais), Desjardins prévoit qu’elles seront aussi confrontées au défi de la fluidité des personnes et des marchandises, mais continueront de bien performer en raison des investissements élevés et de l’essor de la construction et du tourisme. 

L’économiste de Desjardins rappelle que les conflits commerciaux ont affecté de nombreuses entreprises dans les régions manufacturières. C’est le cas pour les secteurs du bois, de l’aluminium et de l’acier. 

«Malgré la signature du nouvel Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM) et l’abandon des tarifs sur l’acier et l’aluminium, le contexte d’incertitude persiste, a-t-on souligné. Il sera donc difficile pour les régions manufacturières d’enregistrer une croissance plus forte qu’au Québec.» 

Les compagnies manufacturières qui tireront mieux leur épingle du jeu seront celles qui se spécialisent dans des créneaux de niche, qui développent des produits innovants et qui prennent le virage de l’innovation, souligne-t-on dans le rapport. 

Quant à l’Abitibi-Témiscamingue, la Côte-Nord et le Nord-du-Québec, elles profiteront du boom des investissements commencé en 2018, notamment dans le secteur minier.

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