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Report de la fermeture du tunnel du mont Royal: des employés mis à pied puis rappelés

Guillaume Pelletier | 24 Heures

Le report de la fermeture du tunnel Mont-Royal annoncé cinq jours avant le congé des Fêtes a donné du fil à retordre à certaines organisations qui étaient prêtes à déployer les mesures d'atténuation.

Le service sur les lignes de train Deux-Montagnes et Mascouche devait être interrompu dès le 6 janvier pour permettre la construction des voies du Réseau express métropolitain (REM) sous la montagne. La fermeture a été remise au 30 mars, avec un préavis de moins d’un mois.

«On avait déjà fermé des contrats et mis des gens à pied. On a été obligés de tout reprendre ça, c'est "short notice"», a déploré Sylvain Yelle, directeur général du transporteur exo qui gère les trains de banlieue, faisant notamment référence à des employés qui s’occupaient de la sécurité incendie dans le tunnel.

Pour maintenir le service de train après le 6 janvier, des travailleurs qui avaient prévu passer le temps des Fêtes en famille ont dû aller au boulot pour prolonger les opérations régulières sur les lignes Mascouche et Deux-Montagnes jusqu’à la fin du mois de mars, explique M. Yelle.

La Société de transport de Montréal (STM) a de son côté dû modifier les modalités de l’entente de 2,9 millions $ qu’elle avait signée le 10 décembre avec Autobus Galland pour la location de 30 autobus de type coach pour transporter les usagers entre la gare Bois-Franc et la ligne orange du métro.

Dernière minute

CDPQ Infra, la filiale de la Caisse de dépôt et placement du Québec qui mène la construction du REM, a averti ses partenaires - dont exo et le ministère des Transports - du report de la fermeture du tunnel le jour même de la signature de l'entente avec le constructeur NouvLR, survenue le 17 décembre.

Les partenaires ont donc appris le report presque en même temps que la population.

Malgré des demandes répétées, CDPQ Infra n’a pas voulu accorder d’entrevue au «24 Heures» à ce propos, se contentant d’une réponse par courriel.

«Dès la finalisation de cette entente, CDPQ Infra a informé immédiatement l’ensemble des partenaires afin de procéder dans les plus brefs délais à la communication de l’information aux usagers et initier l’ajustement des mesures d’atténuation», peut-on lire dans le message.

Qui va payer la facture?

Impossible de savoir si c’est CDPQ Infra ou le gouvernement du Québec qui paiera pour les sommes déboursées en raison du report de la fermeture du tunnel du Mont-Royal.

Ce changement de plan a occasionné des coûts à certains partenaires comme exo ou encore la Société de transport de Montréal (STM), qui ont dû suspendre des mesures prêtes à être déployées pour la fermeture du tunnel, initialement prévue le 6 janvier.

Mobilité Montréal s'affaire toujours à compiler les sommes qui ont été déboursées dans ce contexte, et soutient qu’il est impossible pour le moment de savoir qui les épongera.

Pour la spécialiste en mobilité et professeure à l’UQAM Florence Junca-Adenot, c’est CDPQ Infra qui devrait payer puisque c’est son rôle de prévoir les risques liés au projet ainsi que les répercussions de ceux-ci chez ses partenaires.

«C’est à celui à qui revient la faute [que la facture doit revenir]. Normalement, ça devrait être CDPQ Infra [...], ça ne faisait pas partie des coûts des mesures de mitigation qui avaient été convenues», a-t-elle dit.

Jusqu’à maintenant, CDPQ Infra a annoncé qu’elle assurerait la gratuité du titre de transport pour les utilisateurs de la ligne Deux-Montagnes en janvier, ainsi qu’un rabais allant jusqu’à 30 % sur les titres mensuels TRAIN et TRAM pour la période de janvier à mars.

Rappelons que le gouvernement du Québec finance à la hauteur de 30 % les coûts de construction du REM, dont la facture totale est évaluée à 6,5 milliards $.

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