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14 croix noires installées à Kanesatake: les Mohawks parlent de «menaces»

Agence QMI

Quatorze croix noires ont été installées vendredi par un individu non identifié dans la communauté mohawk de Kanesatake, dans les Laurentides. Le conseil mohawk a dénoncé ces gestes, disant que les messages qui les accompagnent sont «menaçants».  

Selon les informations partagées par le conseil mohawk, les croix auraient été placées entre 6 h et 7 h 30, vendredi, devant divers commerces de Kanesatake, notamment plusieurs vendant de la marijuana. Certaines avaient été plantées et d’autres avaient tout simplement été lancées.  

Le nom du grand chef Serge Simon se retrouvait sur certaines croix, de même que celui d’une élue du conseil mohawk et de son fils. «Une fois qu’on a vu les croix, qu’on a vu les messages qu’il y avait sur les croix, on a estimé [qu’il s’agit d’une] menace envers les élus, et même une menace envers la communauté», a dit le grand chef Serge Simon en entrevue à TVA Nouvelles, samedi.  

Les propos laissaient entendre qu’il pourrait y avoir «un événement [samedi], comme une révolution qui allait débuter, quelque chose de sérieux qui allait débuter à 11 h», a-t-il poursuivi.  

Plusieurs hypothèses peuvent expliquer ce geste nébuleux et pour le moins inquiétant, selon le grand chef Simon. Il a notamment évoqué les commerces qui vendent du cannabis depuis la légalisation d’octobre 2018 par le gouvernement Trudeau.  

«Peut-être que c’est quelqu’un qui n’est pas heureux avec les commerces de cannabis» a-t-il dit, en ajoutant que certaines des croix affichaient des dessins de la Société québécoise du cannabis (SQDC) et «mentionnaient de changer la loi».  

«Moi, j’estime que c’est quelqu’un qui veut déstabiliser, a aussi dit M. Simon. On essaie de rétablir la paix et la réconciliation avec les MRC de la région, peut-être que ç'a rapport avec ça. Peut-être que quelqu’un veut essayer de [faire] dérailler les discussions avec les maires. On a beaucoup d’hypothèses, mais on va laisser la Sûreté du Québec faire sa "job".»  

Selon le grand chef Simon, la technique utilisée semble «donner l’impression que c’est quelqu’un qui souffre de problèmes [mentaux], mais on voit la façon dont ça a été fait que c’est presque comme un code».  

«La Sûreté du Québec est en train de l’analyser pour voir s’il y a quelque chose de sérieux», a-t-il ajouté.  

TVA Nouvelles a tenté de parler avec des commerçants de cannabis sans succès. L’un d’eux a même ordonné à notre équipe de quitter les lieux. Un conducteur de VTT l’a escortée jusqu’à la sortie de la réserve en menaçant de revenir avec ses amis.  

Pas inquiet pour lui  

«Moi je m’en fous, je n’ai pas peur des menaces, j’en ai reçu plusieurs depuis que je suis chef. Ça ne m’énerve pas», a dit M. Simon, précisant que la conseillère ciblée est plus inquiète, ne sachant pas «si elle est suivie».  

Serge Simon a fait appel à la Sûreté du Québec (SQ). Sur Facebook, il a précisé que les policiers de la SQ ont «rapidement réagi en multipliant les patrouilles dans la région et en lançant une enquête».  

Le corps policier n’a pas souhaité commenter cette affaire.  

Plusieurs commerçants ont aussi été très coopératifs, selon M. Simon, en soumettant des images provenant de caméras de surveillance.  

«C’est frustrant, car on ne voit pas la plaque du monsieur, on voit son auto, et lui on le voit parfaitement, mais on n’a pas sa maudite plaque», a ajouté le grand chef Simon, qui ne sait pas si cet homme agit pour son propre compte ou s’il représente un groupe.  

Le suspect était au volant d’une Volkswagen Jetta de couleur foncée, a précisé le conseil mohawk.  

Le chef a invité les gens qui reconnaîtraient l’individu à contacter immédiatement les policiers.  

Rappelons que le week-end dernier, la résidence de la «reine de la contrebande», Sharon Simon, a été incendiée à Kanesatake, les autorités suspectant qu’il puisse s’agit de l’œuvre d’une main criminelle. Sharon Simon est la cousine du grand chef Serge Simon.

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