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Six ans de détention pour un incendie criminel mortel

Claudia Berthiaume

Le bâtiment évalué à 685 000 $, qui hébergeait 43 résidents, a été réduit en cendres.

Photo Antoine Lacroix

Le bâtiment évalué à 685 000 $, qui hébergeait 43 résidents, a été réduit en cendres.

Un Français qui a allumé un incendie ayant complètement détruit une résidence pour aînés de Terrebonne, en plus de causer la mort d’une nonagénaire dans des souffrances atroces, a écopé lundi de six ans de détention.   

« Je voudrais exprimer mes sincères regrets. Je suis profondément désolé pour les familles des victimes », a soufflé lundi Alain Landais.   

Alain Landais.
Accusé

Photo Courtoisie

Alain Landais. Accusé

L’air repentant, l’homme de 46 ans s’adressait à la fille de Marcelle Magnan, assise au premier rang de la salle d’audience du palais de justice de Saint-Jérôme.   

Mme Magnan avait 94 ans lorsqu’elle a succombé aux brûlures aux deuxième et troisième degrés subies lors de l’incendie.   

C’était le 9 juillet 2017, sa première nuit dans la résidence pour aînés L’Oasis.   

Marcelle Magnan a péri après avoir été gravement brûlée dans l’incendie de la résidence pour aînés L’Oasis, à Terrebonne, en juillet 2017.

Photo Courtoisie

Marcelle Magnan a péri après avoir été gravement brûlée dans l’incendie de la résidence pour aînés L’Oasis, à Terrebonne, en juillet 2017.

À 1 h 24, un citoyen a composé le 911 en constatant que des flammes ravageaient la maison de retraite de Terrebonne.   

Quarante-trois résidents à mobilité réduite et un employé étaient sur place lorsque le brasier s’est déclenché.   

Policiers courageux   

Des policiers de Terrebonne ont aidé des dizaines de personnes à évacuer les lieux. Ils ont d’ailleurs été décorés pour leur acte de bravoure.    

Mme Magnan a eu moins de chance que ses colocataires. Les secouristes tentaient de l’extirper du bâtiment à l’aide d’une échelle quand un morceau de la toiture s’est effondré.   

Les débris sont tombés sur l’aînée, qui a été brûlée sur 80 % du corps.   

« Maman avait peur du feu et juste à penser qu’elle en est morte nous rend inconsolables », a écrit la fille de la victime, Lorraine, dans une lettre déposée à la cour.   

« Marcelle Magnan n’aurait jamais dû mourir dans ces circonstances atroces », a souligné la juge Sophie Bourque, lundi.   

Alain Landais résidait à proximité des lieux du sinistre. Le soir du 8 juillet, il a consommé beaucoup d’alcool.   

« L’alcool ne le rend pas violent, mais cela lui fait faire des choses qu’il ne ferait pas autrement », a noté la magistrate, ajoutant que Landais ne voulait tuer personne.    

Raison nébuleuse   

Pour une raison qui demeure nébuleuse, l’accusé sans antécédents judiciaires a enflammé une toile de polyéthylène recouvrant un quadriporteur garé près d’un balcon de la résidence.   

Il a plaidé coupable avant les Fêtes à des accusations d’homicide involontaire et d’incendie criminel ayant causé des lésions à un autre résident.   

Lundi, Landais a été condamné à six ans de pénitencier pour son « acte totalement immature, insouciant et irresponsable ».   

Puisqu’il est détenu depuis son arrestation en août 2017, il lui reste un peu plus de deux ans à purger.   

Il sera par la suite déporté en France, d’où il est originaire.   

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