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Un aîné qui a tué son ex sort de prison

Claudia Berthiaume - Le Journal de Montréal et TVA Nouvelles

Un homme dont la sœur a été tuée lorsque son ex-conjoint a volontairement provoqué une collision avec un semi-remorque, dans Lanaudière en 2017, est furieux que ce dernier puisse déjà quitter le pénitencier.         

« En tant que frère, je suis en calvaire contre la justice au Québec. Il n’aura quasiment rien eu », a déploré Yvon Deshaies, en parlant de Pierre Courtois.        

L’homme de 78 ans a été condamné à six ans et neuf mois de détention en mai dernier, au palais de justice de Joliette, pour l’homicide involontaire de Sylvie Deshaies.         

Détenu depuis son arrestation en 2017, l’aîné, qui a déjà purgé l’équivalent de la moitié de sa peine, a obtenu jeudi l’autorisation de la Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC) d’aller vivre en maison de transition en mars.        

«Le monsieur a même pas cheminé. Il a même pas fait une once de progrès personnel. Qu’on libère une personne comme ça, ça me révolte, ça me fait doublement mal», dit le fils de la victime, Antoine Gross.   

Courtois sera toutefois suivi par un psychologue. Il devra aussi divulguer à son agent de libération conditionnelle toute relation, intime ou non, avec une femme.        

Le septuagénaire a causé la mort de Mme Deshaies le 5 juillet 2017 en percutant délibérément un poids lourd qui circulait sur la route 158, à Saint-Jacques.        

Morte asphyxiée  

Sylvie Deshaies est décédée par asphyxie lorsque la voiture dans laquelle elle était prisonnière s’est enflammée, après une collision volontairement causée par son ex-conjoint Pierre Courtois avec un semi-remorque le 5 juillet 2017 à Saint-Jacques, dans Lanaudière.

Photo Courtoisie, Famille Deshaie

Sylvie Deshaies est décédée par asphyxie lorsque la voiture dans laquelle elle était prisonnière s’est enflammée, après une collision volontairement causée par son ex-conjoint Pierre Courtois avec un semi-remorque le 5 juillet 2017 à Saint-Jacques, dans Lanaudière.

La dame de 50 ans est décédée asphyxiée lorsque la voiture dans laquelle elle était prisonnière s’est enflammée.        

Dans les heures précédant l’impact fatal, Courtois s’était rendu chez la victime pour tenter de discuter, car il n’acceptait pas leur récente rupture. Mme Deshaies était en état d’ébriété et une chicane a éclaté.        

« Elle s’est mise à fesser sur moi. Je ne comprenais pas pourquoi. J’étais tanné, je l’ai tassée. Elle est tombée comme quelqu’un qui perd pied », a décrit le détenu aux commissaires Joseph Lainé et Luc Chamberlain jeudi.         

Blessée, la mère de famille a perdu conscience et Pierre Courtois a mis son corps dans le coffre de sa Honda Civic.        

Selon ce qui a été dit à la cour, l’aîné aurait pris la route, et appelé sa fille pour lui dire qu’il voulait mettre fin à ses jours.        

Lors de l’audience de la CLCC, à laquelle Le Journal a assisté au pénitencier à sécurité minimale de Laval, il a juré n’avoir jamais voulu tuer son ex ni se suicider.         

Le pompier retraité a affirmé qu’il souhaitait amener la victime à l’hôpital et que la situation n’aurait pas été la même si celle-ci n’avait pas bu.        

Des propos qui ont fait sursauter la CLCC.         

« Votre capacité à reconnaître votre entière responsabilité est déficiente. Vous avez mis beaucoup l’emphase sur la consommation d’alcool de la victime, et c’est inapproprié. »        

La CLCC a tout de même accordé la semi-liberté, notamment en raison du faible risque de récidive du détenu et de son mode de vie prosocial.        

FD-ACCIDENT-DECES-158

Photo Sylvain Denis

Une peine incompréhensible  

Pour Yvon Deshaies, la décision de la CLCC n’a « pas de bon sens » et il craint qu’une autre femme soit victime de Pierre Courtois, faisant écho au drame survenu à Québec la semaine dernière.        

« Il faudrait qu’une personne se lève au Parlement pour commencer à parler de la peine capitale. [...] Et les commissaires, ce serait ma botte au cul, je les clearerais immédiatement », a-t-il illustré.     

Quant à son fils, il remet en question le rôle de la Commission. «Qu’est-ce qu’on veut des services correctionnels? Qu’ils réhabilitent vraiment les gens, ou simplement les libérer le plus vite possible?», demande-t-il.