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Le Cégep de la Gaspésie défend son campus montréalais

Dominique Scali | Journal de Montréal

Le Cégep de la Gaspésie et des Îles défend sa décision d’ouvrir un campus où les cours se donnent en anglais à Montréal, un volet francophone devant débuter dès l’automne prochain.    

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« Si ce n’était pas nous, ça aurait été un cégep anglophone de Montréal [qui aurait répondu à la demande pour ces programmes] », dit Sylvain Vachon, directeur du service de la formation continue et responsable du campus montréalais au Cégep de la Gaspésie et des Îles.    

Le cégep a fait face à une levée de boucliers ces derniers jours en raison de son campus montréalais, qui n’offre actuellement que des cours en anglais et dont le site web n’a pas encore été traduit.   

Capture d'écran, Cégep de la Gaspésie et des îles

Clientèle internationale  

Or, le campus offrira des programmes en français dès l’automne prochain grâce au recrutement effectué notamment au Vietnam et en Amérique du Sud, indique M. Vachon.    

De plus, des cours et activités pour encourager la francisation sont offerts sur le campus, ajoute Stéphane Rochard, directeur du Collège Matrix, partenaire privé qui s’occupe de recruter les étudiants et de fournir les locaux du campus.   

Depuis 2015, ce campus n’accueille que des étudiants internationaux, essentiellement de l’Inde et de la Chine. Aucun étudiant québécois n’y est admis.   

Les étudiants sont prêts à payer quelque 7000 $ par session pour suivre des cours en sciences de l’informatique ou en éducation à la petite enfance qui mèneront à une « attestation d’études collégiales ».     

Autofinancé  

C’est grâce à ces frais de scolarité que le programme est « autofinancé », explique M. Vachon.    

« Il n’y a aucun sou public qui est investi dans le campus de Montréal », assure-t-il.    

Le nouveau campus a en effet généré pas moins d’un million de dollars dans la dernière année.    

Ces revenus permettent au cégep de développer des projets pédagogiques et d’améliorer les infrastructures de ses campus de l’est de la province, par exemple.    

« On sert bien l’organisation. Ça a des retombées pour le cégep et pour la région », dit M. Vachon.    

Le nombre d’étudiants n’a cessé de croître. Ils n’étaient que 327 inscrits en juin 2016. Ils sont aujourd’hui 1850.    

Reste que pour le Mouvement Québec français, cette situation illustre « l’érosion du statut du français dans l’enseignement collégial ».   

Son président, Maxime Laporte, exhorte le gouvernement Legault à intervenir, notamment en étendant l’application de la loi 101 au réseau collégial.   

« Le Québec français n’a rien à gagner à ce que Montréal devienne une espèce de “Klondike” pour étudiants internationaux en quête de formations postsecondaires en anglais », ajoute M. Laporte.   

– Avec Vincent Larin, Agence QMI