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Redevance au développement: le test de Saint-Colomban

TVA Nouvelles

Dépassée par la croissance de sa population, la ville de Saint-Colomban, dans les Laurentides, a mis en place une redevance au développement pour financer ses services.    

Après Carignan, en Montérégie, Saint-Colomban est la deuxième ville au Québec à se prévaloir de ce nouveau pouvoir octroyé depuis peu aux municipalités par le gouvernement provincial. «On débroussaille un territoire non exploité», se targue le maire de la ville, Xavier-Antoine Lalande. Entre 2011 et 2016, Saint-Colomban a vu le nombre de ses habitants croître de 18 %.   

Pour toute nouvelle unité d’habitation, la redevance au développement se traduit par une hausse pouvant aller jusqu'à 6000$ du prix du permis de construction. Les quelque 600 000$ qu’on s’attend à recueillir en 2020 iront dans un fonds dédié exclusivement au financement des infrastructures et des équipements municipaux.   

Déjà, le conseil municipal prévoit élargir certaines rues, construire un garage municipal et ajouter une bibliothèque ainsi que des infrastructures récréatives.    

La solution?   

« Comme ville résidentielle avec peu de commerces, aucune industrie et une populationen croissance, il importait de prendre des mesures pour faire face à la pression générée par les futures constructions», prétend le maire, dans un communiqué. 

Le président de l’Association des constructeurs d’habitation du Québec, François Bernier, estime toutefois que la redevance n’est pas la seule solution. «On se questionne à quel point on n’est pas en train de demander taxe, par-dessus taxe, par-dessus taxe, sans jamais donner un allégement nulle part ailleurs», dit-il.   

D’autres, tels Mario Richer, un responsable aux ventes qui oeuvre dans la région, affirme que la redevance a simplement été incluse dans le prix des maisons proposées à Saint-Colomban. «C’est sûr que ça a une répercussion directe sur notre prix de vente. En partant, c’est 6000$ de plus», admet-il.   

Saint-Colomban est particulièrement populaire auprès des ménages qui cherchent à demeurer en banlieue tout en continuant à travailler à Montréal. Une étude publiée par l’Observatoire Grand Montréal avance qu’environ 7000 personnes quittent le territoire de la communauté métropolitaine de Montréal chaque année pour déménager dans des zones limitrophes, ce qui contribue à l’étalement urbain.