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Les électrochocs encore utilisés en santé mentale

TVA Nouvelles

Plus de 1500 séances d'électrochocs sont pratiquées chaque année à l'Institut en santé mentale de Montréal. 

Ce traitement de dernier recours s'adresse à des patients de tous les âges atteints notamment de dépression et de schizophrénie. 

«La machine, l'appareil est puissant, c'est-à-dire performant, mais en fait, la décharge elle-même est très petite», explique la Dre Valérie Tourjman. 

«C'est juste la décharge nécessaire pour activer le cerveau globalement et produire ce qu'on appelle une convulsion, qui elle va être très brève. Donc, on donne seulement la décharge qui est nécessaire pour initier cette activité-là», ajoute la psychiatre. 

La décharge peut, entre autres, aider des personnes en dépression à amorcer leur processus de guérison. 

«Le traitement par l'électroconvulsivothérapie, les ECT, va être similaire à ce que les antidépresseurs vont faire, mais de façon plus intense, plus rapide, et il y a quelques éléments de plus», affirme la Dre Tourjman. 

«Il y a aussi des neurohormones qui sont libérées et qui pourraient avoir un effet sur la réponse», précise la spécialiste. 

Le traitement peut être utilisé pour les patients chez qui les médicaments n’ont pas eu l’effet escompté. 

Une faible décharge de 14 watts est envoyée au cerveau pendant 7,5 secondes. L'intervention va durer au total moins de 10 minutes. La séance se déroule sous anesthésie générale. 

«Les effets secondaires d'électrochocs, c'est de l'hypertension et la tachycardie. Alors, comme on a une clientèle âgée, ça correspond un peu à une épreuve d'efforts», de dire le Dr Robert Blain, anesthésiologiste. 

Myreille Bédard est déjà passée par là au début des années 2000 et lors d'une rechute en 2018. Elle a subi 20 séances et assure que ce traitement lui a sauvé la vie.

«C'est vraiment un dernier recours. Moi, c'était ça ou je m'en allais, à jamais peut-être, me bercer, comme dit l'autre, dans une chaise dans un institut. Je n’étais plus du tout fonctionnelle. J'étais lucide, toute là, mais pas fonctionnelle, plus de vie intérieure, plus de vie émotive», raconte-t-elle.

Elle a écrit un livre pour aider les autres et n'oubliera jamais le bien que lui a procuré ce traitement.

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