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Une famille exige des réponses du BEI

Jean-François Racine | Journal de Québec

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La famille d’un autre homme abattu par les policiers en Beauce en 2017 exige des réponses et un suivi de la part du Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) pour éviter des morts tragiques et inutiles comme celle de Brandon Christian dimanche soir à Saint-Georges. 

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Le 15 mai 2017, à Beauceville, Emmanuel Therrien, 41 ans, avait dégainé ce que les policiers ont perçu comme une arme à feu. L’homme dépressif et suicidaire avait fait fi de l’avertissement en commençant à la retirer de son pantalon.  

Courtoisie

Un policier a alors fait alors feu à deux reprises, l’atteignant mortellement. L’enquête a finalement démontré qu’il s’agissait d’une fausse arme. 

Dans ce dossier, le DPCP a jugé que l'intervention était légale et que le danger était réel à l’égard des quatre agents se trouvant à proximité. 

Encore un autre 

Après la mort de Brandon Christian dimanche dernier, la sœur d’Emmanuel Therrien a aussitôt décidé d’écrire au BEI. Secouée, elle y voit des similitudes. 

«On s’est dit, ah non, pas encore ! Dans ma tête, le dossier est classé. Mon deuil est fait et je suis en paix. Mais pourquoi tirer sur quelqu’un? On n’arrête pas de se poser la question. Il y a sûrement des choses à faire avant de tirer sur une personne. J’avais déjà fait une demande et j’ai l’impression que ça n’a pas été considéré», se demande Sonia Therrien. 

Suite à la mort violente de son frère, Sonia Therrien a rencontré le BEI et le DPCP. Elle dit ne pas en vouloir aux policiers.  

«Sauf que là, ça n’a pas de sens. Ce n’est pas normal. C’est cinq enquêtes en quatre ans et aucun policier accusé. Pour moi c’est aberrant. J’ai demandé un suivi et des réponses. Est-ce qu’il y a des cours en situation de crise? J’aimerais que les policiers soient mieux outillés lorsqu’ils rencontrent des gens en crise. On dirait qu’ils ne savent pas quoi faire.» 

Une solution 

Au moment d’intervenir en 2017, les policiers connaissaient aussi très bien l’état mental de M. Therrien. Selon sa sœur, il existe peut-être une façon d’intervenir différemment. Il y a quelques jours, le chef de police de Québec révélait que ses patrouilleurs doivent répondre à 18 appels par jour liés à une problématique de santé mentale. 

«Je suis en Gaspésie et les policiers ne tirent pas sur les gens en crise. Pourquoi ça arrive encore? On peut sûrement trouver quelqu’un capable de parler aux gens en crise. Je continue de croire que ce n’est pas aux policiers de gérer ça», termine l’enseignante de Sainte-Anne-des-Monts. 

Depuis 2016, en lien avec toutes ces interventions particulières, il n'y a pas eu d'accusations portées à l'endroit de policiers par le DPCP dans le cadre d'une enquête indépendante du BEI, selon sa porte-parole Sylvie Boutin. 

«Cette histoire risque d’être l’élément déclencheur vers une première à ce niveau», a affirmé hier un membre de la famille de Brandon Christian à Saint-Georges. 

Ce que dit le Code criminel 

Le paragraphe 25(3) précise qu’un policier peut, s’il agit sur la foi de motifs raisonnables, utiliser une force susceptible de causer la mort ou des lésions corporelles graves s’il croit que cela est nécessaire afin de se protéger ou encore de protéger les personnes sous sa protection contre de telles conséquences.