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Il effectue son dernier vol avec ses deux fils

Jean-François Racine | Le Journal de Québec

À quelques heures de sa retraite, le pilote Jean Leblond a vécu une expérience historique, jeudi, lorsqu’il a pris les commandes du vol TS 255 assisté de ses deux fils, William et Anthony.  

Selon les règles en vigueur, le paternel doit accrocher très bientôt ses ailes en célébrant son 65e anniversaire de naissance, après 30 ans chez Transat et 46 ans dans l’aviation.  

William Leblond, 26 ans, a été embauché chez Air Transat en 2017, tandis que son frère, Anthony, 23 ans, vient de faire son entrée en 2019 au sein de la compagnie.  

Les morceaux du casse-tête étaient donc en place pour un superbe moment en famille : une carrière qui se termine et deux autres qui commencent.   

Après avoir quitté Malaga, en Espagne, le trio a posé l’appareil A-330 à Montréal-Trudeau, un peu après 14 h, jeudi.  

Moment unique  

« Ça ne s’est pas produit très souvent dans l’histoire. Chez Transat, je pense que c’est la première fois. C’est unique. J’étais commandant de bord et mon premier officier était mon fils William. Anthony avait une permission spéciale. Ça s’est préparé longtemps d’avance, mais nous avons finalisé tout ça il y a un mois. Je vais en garder un souvenir incroyable », explique Jean Leblond avec beaucoup de fierté.  

Ce dernier s’estime très chanceux d’avoir ainsi pu vivre ce dernier voyage.   

Tout le monde a pu passer 48 heures à Malaga avant de monter à bord pour travailler.  

« C’était très émotif. On est très chanceux. La vie nous a donné cette chance. Je l’ai signalé aux passagers, que c’était un privilège et un honneur, après mon message régulier. C’est comme ça que j’ai terminé mon annonce avant de descendre. Je savais que je passais le flambeau à la relève, à la nouvelle génération. »  

Le pilote originaire de Charlesbourg, à Québec, n’est pas surpris de la passion commune de ses deux fils.  

Un rêve  

« C’était une journée remplie d’émotions. Mon père était mon commandant sur mon tout premier vol dans la compagnie, mais ce vol du 6 février est encore plus symbolique. Notre père était une idole et un mentor. Il nous emmenait voler dans un petit avion quand nous étions jeunes. Mon rêve a toujours été d’être pilote chez Air Transat et de voler avec mon père », ajoute William.  

Pour le cadet, Anthony, la journée de jeudi était également fort particulière.  

« C’était l’un des plus beaux jours de ma vie. Depuis le début de notre carrière, nous avions comme but d’entrer chez Air Transat pour avoir cette chance de voler avec lui », a-t-il conclu.