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Des chocolats qui font sourciller

Étienne Paré | Agence QMI

GEN-CHOCOLAT-SAINT-VALENTIN

ÉTIENNE PARÉ / AGENCE QMI

Chocolats au thé, aux champignons, aux algues et même aux insectes: il y en a vraiment pour tous les goûts si on veut offrir un cadeau sucré à sa tendre moitié pour la Saint-Valentin.  

Avec Pâques et Noël, la fête des cœurs est la plus grosse période dans l’année pour les chocolatiers du Québec.  

«Je voulais amener des produits conçus spécialement pour la Saint-Valentin, mais on a déjà tout vendu», a laissé tomber Ariane Côté de la chocolaterie Fays d’Oka, dans les Laurentides, qui était descendue à Montréal cette fin de semaine pour participer au salon «Je t’aime en chocolat».  

Pour les dégustations lors de l’événement, elle a donc amené les produits qui fonctionnent le mieux en boutique. Le chocolat au cantaloup et au porto ou encore celui à l’amaretto et au citron ont obtenu un vif succès.  

 

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D’autres saveurs sortaient beaucoup plus de l’ordinaire, comme le morceau aux graines de chanvre, une plante dans la même famille que le cannabis, mais sans composante de THC.  

«Tu ne vas pas planer avec le chanvre. On rajoute de l’huile de caméline, qui se rapproche de l’asperge. C’est assez particulier comme goût», a vanté Ariane Côté.  

Elle n’était pas la seule exposante qui se démarquait avec des recettes improbables.  

Du chocolat aux grillons  

Le chef Jean-Louis Thémis a créé des chocolats à base d’insectes. Croquantes en bouche et nutritives, les bestioles n’ont pas de goût particulier.  

On notera entre autres son chocolat blanc aux canneberges et grillons, ainsi que son chocolat aux larves.  

«Les gens sont encore réfractaires. Pourtant, ce sont des protéines à 100 %, sans gras. Il y a des fibres. Sur le plan environnemental, l’élevage de grillons ou de larves, ça pollue beaucoup moins que l’élevage de bœuf», a poursuivi le chef Thémis, qui aimerait que d'autres cuistots apprêtent les insectes afin de faire découvrir leurs vertus au grand public.  

Une industrie qui fait face à des défis  

Toute cette extravagance fait dire à Jean-Jacques Berjot, le promoteur du salon, que l’industrie du chocolat fin se porte très bien au Québec.  

«Le marché artisanal croît de 10-15 % chaque année. Au Canada, c’est au Québec que l’on mange le meilleur chocolat, où les artisans sont les plus inspirés, probablement à cause de notre lien plus fort avec l’Europe», s’est réjoui le directeur de l’Académie du chocolat.  

Or, malgré les apparences, tout n’est pas rose pour les chocolatiers. Dans les dernières années, ils ont dû augmenter leurs prix à cause de la hausse du coût du cacao sur le marché international, un phénomène que l’on explique entre autres par la popularité grandissante de cette sucrerie en Chine et en Inde.  

Jean-Jacques Berjot se veut toutefois rassurant.  

«On lit souvent sur internet qu’il ne restera bientôt plus assez de chocolat, mais ça n’arrivera pas de sitôt. Les Chinois commencent à apprécier le goût, alors ils ne demandent pas de chocolat fort en cacao. Et il y a toujours des endroits dans le monde qui ne sont pas exploités et qui pourront servir plus tard», a-t-il indiqué.