/news/law

D'anciens juifs hassidiques en cour contre Québec

Yves Poirier | TVA Nouvelles

Première au palais de justice de Montréal où un procès au civil contre le gouvernement du Québec intenté par deux ex-membres de la communauté juive hassidique de Boisbriand s’est ouvert ce lundi.   

• À lire aussi: Écoles illégales: première victoire pour des ex-juifs hassidiques  

Yohanon Lowen et Clara Wasserstein avaient initialement décidé de poursuivre le gouvernement pour la somme de 1,2 million de dollars, car ils estimaient avoir été abandonnés dans des écoles illégales de Boisbriand, n'ayant même pas de diplôme de l'école primaire. 

Or, ils ont mis de côté leur réclamation pour dommages.    

Leur présence devant le tribunal a pour objectif de forcer Québec à respecter leurs obligations face aux enfants en vertu de la Loi sur l’instruction publique, la Loi sur l’enseignement privé, la Charte de la langue française et la Charte des droits et libertés.    

«Ils viennent demander au gouvernement de cesser de ne rien faire dans le dossier des écoles illégales et ils souhaitent une décision dans ce sens. Ce couple, anciens membres de la communauté juive hassidique de Boisbriand, n'a pas de diplômes d'études primaires et secondaires. Ils se sont sentis abandonnés par le gouvernement qui tolère ces écoles illégales», avait expliqué leur avocate Me Clara Poissant-Lespérance en entrevue en 2017.   

Manquements éducatifs    

Lundi, les avocats des requérants ont fait entendre comme première témoin Marie Josée Bernier, chef de service à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) des Laurentides, qui a dévoilé des résultats inquiétants découlant d’une intervention faite à Boisbriand en 2014 à la suite d’un signalement.   

Parmi les conclusions, la DPJ a statué que la situation était compromise pour 280 des 320 garçons rencontrés de six à seize ans au niveau du développement académique et des connaissances générales.    

«Nous avons établi qu’il y a eu négligence éducative», a expliqué Mme Bernier.    

«Nous avons donc conclu une entente sur les mesures volontaires afin que les parents et enfants corrigent la situation. On a noté du laxisme chez des parents. On a cherché avec ces familles des correctifs à la situation et on a demandé aux parents un engagement formel.»