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Le pasteur Mukendi «tétanisé» par un courriel

Kathleen Frenette | Journal de Québec

JEAN-FRANCOIS DESGAGNES/JOURNAL

En juin dernier, lorsque le pasteur Paul Mukendi a subi son procès pour agressions sexuelles, il a été «tétanisé» à la suite d’un courriel reçu et cet état l’a empêché de témoigner pour sa défense. 

C’est du moins ce qu’est venue expliquer en Cour d’appel, lundi, son avocate, Me Dominique Bertrand, qui demande à ce que le banc de juges accepte maintenant d’entendre «une preuve nouvelle», à savoir le témoignage de son client.  

Dans la dizaine de pages contenue dans la requête déposée en Cour d’appel, on y apprend que ce serait le 9 juin que celui qui se fait appeler «l’apôtre de la ville de Québec», a eu connaissance d’un courriel – frappé d’une ordonnance de confidentialité- qui provenait de l’un des témoins de l’affaire.   

Ce n’est toutefois que cinq mois plus tard, soit le 21 novembre, que «le fondateur et président international du Ministère Paul Mukendi et pasteur principal du Centre évangélique Parole de Vie à Québec» a formulé à ses procureurs à quel point il avait été déstabilisé.  

Courriel déstabilisant 

«Ces évènements (...) ont rendu l’appelant anxieux, figé, paralysé, terrorisé, voire démoli au point de le rendre incapable de témoigner et d’assumer pleinement sa défense», a souligné Me Bertrand qui demande à la Cour d’appel d’autoriser une preuve nouvelle, soit le témoignage de Mukendi.  

Au surplus, Me Betrand a mentionné dans sa requête que son client avait «toujours proclamé son innocence» et qu’il ne pouvait «s’expliquer comment le jury avait pu le trouver coupable», est-il écrit dans le document de Cour.  

Pour étayer ses explications, l’avocate a eu recours au service du psychiatre Pierre Mailloux qui a rencontré le pasteur quelques jours après qu’il eut avoué son sentiment d’avoir été traité «de façon inéquitable».  

De son côté, la procureure aux poursuites criminelles et pénales, Me Sonia Lapointe a questionné la Cour à savoir pourquoi on redonnerait «une deuxième chance» à quelqu’un qui, estime-t-elle, croit avoir «fait une erreur en ne témoignant pas».  

Coupable 

Rappelons que trois jours après avoir été trouvé coupable par douze de ses pairs d’agression sexuelle, de voies de fait causant des lésions et de menace sur une plaignante, la défense avait porté le verdict en appel.  

Lors des observations sur la peine, la défense avait souligné qu’un sursis de sentence accompagné d’une période de probation de trois assorti de 240 heures de travaux communautaires pourrait répondre aux critères d’une sentence juste et équitable.  

La Couronne proposait plutôt une période d’emprisonnement variant entre huit et dix ans. La décision doit être rendue le 27 février prochain. Concernant la présentation de la preuve nouvelle, la Cour d’appel fera connaitre sa position jeudi.

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