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Un expert critique les études sur les écrans chez les jeunes

Daphnée Dion-Viens - Le Journal de Montréal

Alors que se déroule lundi un forum sur la dépendance aux écrans chez les jeunes, un expert émet des bémols concernant les études qui sont assez limitées, et met en garde contre les conclusions trop hâtives à ce sujet.    

Au cours des deux derniers mois, Thierry Karsenti et deux de ses collaborateurs affirment avoir recensé plus de 13 000 études portant sur les impacts des écrans sur la santé des jeunes. «On a des conclusions qui vont embêter bien du monde», a-t-il affirmé au Journal.   

Des failles dans la recherche  

Dans un rapport qui est publié lundi, ce professeur de l’Université de Montréal et son équipe mettent en lumière les principales failles dans la recherche à ce sujet.     

La «principale lacune» est qu’il n’est «presque jamais question» de ce qui est fait à l’écran par les jeunes, puisque de telles données sont pratiquement inexistantes, indique M. Karsenti.    

Or, il s’agit d’une «variable centrale», selon lui. «Un enfant qui joue à Fortnite ou à Candy Crush, ce n’est pas du tout la même chose qu’un enfant qui est en train de lire un livre sur une tablette. C’est une nuance majeure», lance-t-il.    

La seule chose que l’on sait «avec certitude», c’est que les adolescents passent près de neuf heures par jour devant les écrans. 

 

 

«C’est beaucoup, il y a un problème. Mais au lieu de trouver des solutions n’importe comment, il faut y réfléchir collectivement», ajoute cet expert qui est titulaire d’une chaire de recherche sur les technologies en éducation.    

M. Karsenti souligne par ailleurs que les conclusions – souvent néfastes – de l’utilisation des écrans chez les jeunes sur leur santé mentale et physique reposent sur un lien de corrélation, plutôt que sur un lien de cause à effet.    

«Ce n’est pas parce qu’on donne un téléphone à un enfant qu’il va se mettre à grossir, qu’il va avoir des troubles du sommeil ou des troubles psychologiques. C’est beaucoup plus complexe que ça», lance-t-il.    

«Un défi de société»  

Ce dernier reconnaît que l’omniprésence des écrans représente «un défi de société», mais il réclame «qu’on arrête de faire des recommandations qui sont basées un peu sur n’importe quoi».    

Cette mise en garde se fait entendre alors que se déroule à Québec aujourd’hui un forum sur l’impact des écrans sur la santé des jeunes, initié par le gouvernement Legault.     

De nombreux experts présenteront leurs résultats de recherche sur le sujet et leurs constats afin d’en arriver à dégager des pistes d’action.    

«Il faut trouver des compromis viables, ajoute M. Karsenti. On ne peut pas juste dire à un jeune qui passe neuf heures par jour sur les écrans qu’il doit en passer 30 minutes. Ça ne peut pas marcher.»

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