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Son cellulaire acheté «via des petites annonces»

Kathleen Frenette | Journal de Québec

Si des images de pornographie juvéniles ont bel et bien été retrouvées, entre autres, dans le cellulaire de l’ancien informaticien des Forces armées canadiennes accusé de possession, accession et distribution de pornographie juvénile, c’est parce qu’il s’agissait d’un appareil «usagé acheté via les petites annonces».

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C’est ce que Jean-Baptiste Abel a laissé entendre, mardi, alors qu’il a choisi de témoigner pour prendre sa défense.  

Arborant la chemise blanche et la veste sans manche, l’homme de 30 ans a prêté serment devant les cinq femmes et sept hommes qui auront à déterminer s’il a bel et bien posé les gestes qui lui sont reprochés entre le 1er août 2015 et le 19 octobre 2016.

Témoignant rapidement, de façon un peu automatique lorsqu’interrogé par son avocat, Me Louis Belliard, Abel a d’abord expliqué aux membres du jury qu’il avait fait son entrée dans l’armée en août 2009 où il avait reçu une formation de base.

«J’ai ensuite été formé pour conduire des blindés puis, en janvier 2011, j’ai été transféré à l’école des communications pour par la suite recevoir une formation spécialisée en informatique qui s’est échelonnée de 2012 à 2014», a-t-il expliqué.

L’accusé a également mentionné à la Cour acheter « un ordinateur de seconde main aux six mois» et un neuf, «aux trois ans».

Des ordinateurs qui, selon son témoignage, ont été utilisés par d’autres personnes, notamment, un ancien locataire à qui il avait prêté une tour «qui prenait la poussière», laissant sous-entendre que ça pouvait être lui qui avait téléchargé les images interdites.

Concernant les images de pornographie juvénile retrouvées dans son cellulaire, l’homme a mentionné avoir acheté ce dernier «sur le site de revente Kijiji» et c’est dit «surpris» qu’il y ait, à l’intérieur, de la pornographie juvénile.

Lorsque questionné par la poursuivante, Me Sonia Lapointe, à savoir s’il avait tenté de retracé le vendeur du cellulaire lorsqu’il a «appris» en juin 2017 que ce dernier contenait de la pornographie juvénile, l’ancien militaire a répondu que «non» puisqu’il ne pouvait utiliser d’ordinateur à la suite des conditions émises par la Cour.  

Me Lapointe a, par la suite, interrogé l’accusé pour tenter de comprendre pourquoi il avait semblé faire des aveux à l’enquêteur Éric Belley lors de son interrogatoire en octobre 2016.

«Ça faisait 10 heures que j’étais en interro pis j’étais tanné, je voulais aller me coucher», a-t-il dit simplement.