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Une mère plaide pour des autopsies psychologiques

Kariane Bourassa | TVA Nouvelles

Une mère endeuillée demande aux coroners la mise en place d'autopsies psychologiques pour tous les cas possibles de suicides.

Quand le fils de Martine Brault a perdu la vie en septembre 2017, le coroner croyait que c'était un accident. La voiture de Patrick Chouinard a violemment heurté le viaduc Duplessis à Québec. 

Elle a toutefois démontré que son fils était dépressif et que le geste était volontaire. «S'il y a eu une erreur avec son dossier, il y a surement d'autres erreurs», a-t-elle lancé. 

Depuis ce temps, Mme Brault a lu plus de 2500 rapports de coroners. Elle croit qu'il y a plus de suicides que ceux confirmés par l'organisation. 

«Dans les dossiers de morts accidentelles et de morts à cause indéterminée, j'ai trouvé près de 350 cas qui sont fort possiblement des suicides. Le chiffre serait donc plus près de 1300 ou 1400 suicides par année au Québec», a-t-elle affirmé. 

Elle estime que l'instauration obligatoire des autopsies psychologiques permettrait de mieux comprendre le geste et aiderait à prévenir d'autres drames. 

«Ce sont des chercheurs qui en font présentement et c'est très rare. Ça prend des dizaines de personnes qui analysent le parcours de vie. Ils font une rétrospective. Ils vont voir le parcours de soins, le parcours de vie», a expliqué le coroner Luc Malouin. Il ne croit pas que les chercheurs disposent des ressources nécessaires. 

Pourtant, les résultats semblent prometteurs. Le psychiatre Alain Lesage a mené un projet pilote dans l'est de Montréal qui a permis de cibler des dizaines de recommandations grâce à des autopsies psychologiques. 

«On a travaillé sur une quarantaine de suicides. On a rencontré les familles pendant plus de cinq heures. Chaque dossier prend plus de trois jours», a-t-il dit. Il croit cependant que la mise en place d'un processus semblable serait possible si le ministère de la Santé était davantage impliqué dans le projet. 

Le Dr Lesage va encore plus loin et conseille même d'étendre la mesure à toutes les régions du Québec. Il croit qu'un changement s'impose en santé mentale. 

Interpellée par Mme Brault, la ministre de la Santé Danielle McCann ne ferme pas la porte à une commission nationale pour évaluer les services en santé mentale. 

Rappelons que le plan d'action 2020-2025 en santé mentale sera bientôt déposé.

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