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La SQ va réviser les transactions entourant sa cavalerie

Vincent Larin | Agence QMI

La Sûreté du Québec va réviser tout le processus qui a permis à son ancien directeur général intérimaire de lui vendre des chevaux en catimini.

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En plus de vendre ces chevaux, Mario Bouchard les a aussi hébergés chez lui, a révélé notre Bureau d’enquête jeudi après des mois de démarches. Une façon de faire qui laisse planer une apparence de conflit d’intérêts selon la professeure à l’École nationale d’administration publique, Marie-Soleil Tremblay.

«La Sûreté du Québec (SQ) reconnait que la façon de procéder dans le cadre du projet-pilote soulève des questions, notamment en matière de respect des règles contractuelles et d’éthique», a déclaré le responsable de l’équipe équestre à la SQ, Patrick Després, en entrevue au FM 98,5.

La ministre de la Sécurité publique par intérim, Andrée Laforest, a déclaré mercredi en point de presse qu’elle avait elle-même commandé un audit à ce sujet dès qu’on lui avait confié temporairement les fonctions de la ministre titulaire, Geneviève Guilbault, au début janvier.

Son cabinet a corrigé le tir par la suite en affirmant que cet audit avait été commandé directement par la Sûreté du Québec peu après l’entrée en poste de sa directrice par intérim, Johanne Beausoleil, en novembre dernier.

Le porte-parole de la SQ, Hugo Fournier, a fourni la même version, ajoutant qu’une évaluation du programme est «faite à l’interne», et ce, «afin de s’assurer de la pertinence [de l’équipe équestre], de sa conformité opérationnelle et de son efficacité [...]».

Or, Johanne Beausoleil était chargée de scruter les dépenses du corps policier au moment où les transactions impliquant Mario Bouchard ont eu lieu.

L’équipe équestre ne fait toutefois pas partie des programmes vérifiés périodiquement à la SQ et Johanne Beausoleil n’a reçu, à l'époque, aucune demande particulière ni plainte adressée qui aurait mérité qu’elle s’y intéresse, selon M. Fournier.

Selon la ministre Andrée Laforest, des plaintes ont pourtant été formulées à l’époque des transactions de Mario Bouchard, mais elles ont été acheminées à la Protectrice du citoyen, ce qui expliquerait que Johanne Beausoleil n’était pas au courant de l’affaire.

Une porte-parole de la Protectrice du citoyen, Carole-Anne Huot, a indiqué ne pas pouvoir confirmer ni infirmer qu’une plainte avait été reçue à ce sujet.

La ministre Andrée Laforest a réitéré mercredi sa confiance envers la dirigeante par intérim de la SQ.

«Les policiers, et à plus forte raison les cadres, doivent faire preuve d’exemplarité à tout égard quant à la gestion de l’image de la police, mais aussi des ressources de la police», a réagi le chef parlementaire du Parti québécois, Pascal Bérubé.

«On ne peut pas gérer une écurie comme projet personnel à la SQ lorsqu’on est cadre supérieur et directeur», a-t-il ajouté.