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Loi 40: le gouvernement reste insensible aux arguments des villes

Vincent Larin - Agence QMI

Le gouvernement reste campé sur sa position et refuse toujours de compenser les villes qui devront offrir gratuitement des terrains pour la construction de nouvelles écoles.

C’est ce qu’ont indiqué les ministres des Affaires municipales et de l’Éducation, Andrée Laforest et Jean-François Roberge, à la sortie d’une rencontre avec des représentants municipaux à l’Assemblée nationale mercredi soir.

«Le fond reste le même», a précisé la ministre Andrée Laforest après avoir indiqué qu’une autre rencontre aurait lieu dans deux semaines.

Plusieurs acteurs du monde municipal ont dénoncé ces derniers jours un article de la nouvelle loi 40 du gouvernement Legault qui oblige les villes, après au plus deux ans de négociation, à céder gratuitement des terrains pour la construction d’écoles.

«Si ça ne change pas, définitivement, il va y avoir des impacts sur les comptes [de taxes] municipaux», a déclaré la mairesse de Sainte-Julie et présidente intérimaire de l’Union des municipalités du Québec, Suzanne Roy, à sa sortie de la rencontre.

En matinée, mercredi, le chef par intérim du Parti libéral, Pierre Arcand, a dit craindre lui aussi que cette réforme de la gouvernance scolaire se traduise par une augmentation du compte de taxes des citoyens.

«C’est clair que c’est le citoyen qui va payer», a-t-il résumé.

«Refiler tout ça aux municipalités, ça va sûrement toucher le compte de taxes des citoyens. Ce n’est pas rien, mais c'est la façon de faire du gouvernement», a aussi déclaré le député du Parti québécois, Harold Lebel.

La co-porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé, s'est indignée du fait que les ressources des écoles construites sur ces terrains municipaux pourront être utilisées par les citoyens, mais également par les écoles privées, selon ce que prévoit la nouvelle loi.

«On va se mettre à partager nos ressources du public [...] avec les écoles privées alors que le ministre n’est même pas capable de nous dire si le privé devra aussi les partager avec le public», s’est-elle questionnée.

Le premier ministre François Legault avait toutefois voulu se faire rassurant en point de presse peu avant la période de questions.

«Je n’anticipe aucune hausse des taxes municipales suite aux terrains qui sont demandés pour les écoles. [...]. Quand on bâtit une école dans un quartier, ça attire des gens à aller s’installer là donc, habituellement, ça amène une hausse de l’assiette fiscale», a-t-il expliqué.

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